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Stationnement : La marie de Paris escroquée par un prestataire qui réalisait de faux contrôles

Société > Île-de-France > Paris
Par Sebastien Veyrier,  publié le 7 mars 2018 à 14h00.

La société Streeteo a réalisé des milliers de faux contrôles en prétextant des motifs de non-verbalisation bidons.

C’est une affaire dont la mairie de Paris se serait bien passée ! Depuis le 1er janvier, la municipalité parisienne confie en effet le contrôle du stationnement dans les rues de la ville à des sociétés privées. Un système censé faire gagner la politique de verbalisation du stationnement interdit en efficacité.

La société Streeteo, qui fait partie des nouveaux partenaires de la ville de Paris, vient d’être prise la main dans le sac après avoir effectué des milliers de contrôles fictifs. Un système bien rodé découvert presque par hasard.

Un quota à respecter

L’affaire a été révélée par Le Canard Enchaîné qui ont recueilli les confidences d’un ancien employé de Streeteo. La « faille » se trouve dans le contrat passé avec la mairie de Paris. Si le prestataire externe n’est pas rémunéré en fonction du nombre de contraventions dressées, il doit cependant réaliser un minimum de 50 000 contrôles par jour.

Pour se faire, Streeteo utilise des véhicules baptisés « Lapi » qui enregistrent les plaques d’immatriculation des voitures en stationnement avant de signaler les conducteurs qui n’ont pas payé pour se garer. Des agents présents sur le terrain verbalisent ensuite les personnes en infraction.

https://youtu.be/IhgfYNFP6n8

Des fausses déclarations

Est-ce en voyant que le quota de 50 000 contrôles était compliqué à respecter ou par simple malveillance ? Streeteo a quoi qu’il en soit mis au moins un système de faux contrôles en réutilisant les plaques d’immatriculation déjà enregistrées dans son système et en trouvant des motifs de « non-verbalisation » pour ne pas dresser des contraventions des conducteurs en règle.

Il n’a pas fallu se creuser la tête trop longtemps pour trouver ces fameux motifs, car une liste est présente dans le contrat entre la société et la mairie de Paris. Ainsi, en cas de conducteur agressif, quand la personne est dans sa voiture ou lorsque la voiture comporte une carte de stationnement pour les personnes à mobilité réduite (PMR), faisait partir de cette liste.

C’est d’ailleurs celui des PMR qui a mis la puce à l’oreille des services municipaux. En effet, le nombre de non-verbalisations au motif de carte PMR a explosé chez Streeteo, ce qui dans un premier temps est passé pour une fraude à ce type de carte pour le service des transports de Paris. Mais très vite, les faux contrôles de Streeteo ont été percés à jour. Une enquête interne a permis de mettre « l’arnaque » en lumière et la ville de Paris pourrait pénaliser son prestataire à hauteur de 60 000 euros.

Le Récap
  • Un quota à respecter
  • Des fausses déclarations
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