Étudiants en soins infirmiers : la moitié d’entre eux disent aller de plus en plus mal
Une enquête de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers révèle que la moitié de ces élèves ont vu leur état de santé se dégrader depuis leur entrée en formation. Un certain nombre d'eux disent même faire l'objet de harcèlements.
En passant par les réseaux sociaux, la presse et les courriels, la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI) a conduit, du 23 février au 9 avril 2017, une enquête auprès de 14.055 étudiants en soins infirmiers. Et les résultats de cette étude de témoigner d’une majorité d’élèves en situation interpellante.
Nos confrères du Journal du Dimanche rapportent ainsi que la moitié des sondés ont vu leur état de santé de dégrader depuis leur entrée en formation. Une proportion plus importante de 75,4% dit pour sa part être psychologiquement épuisée, quand un tiers des étudiants interrogés sont sujets à des crises d’angoisse et que 26,2% estiment être en (très) mauvaise santé psychique.
Une formation de pus en plus nocive pour les étudiants en soins infirmiers
Antoine Jourdan, vice-président de la FNESI en charge de l’innovation sociale, ajoute qu’« en croisant les données, nous avons aussi constaté que cela empire au fur et à mesure ». Ainsi, si 36,6% des étudiants en première année disent se sentir en mauvaise santé physique, ce chiffre augmente en deuxième année pour atteindre les 52%, et ils sont au final 62,3% dans leur troisième et ultime année à vivre ce mal-être.
Plus d’un tiers disent avoir été harcelés par un soignant
Il apparaît de même, selon leurs dires, que plus d’un tiers des étudiants en soins infirmiers ont été harcelés par un soignant en cours de formation. Pour Antoine Jourdan, les conclusions de cette enquête appellent à une prise de conscience : « On a voulu en savoir plus sur cette souffrance et on a voulu obtenir des données concrètes pour pouvoir dresser un état des lieux. Même si nous étions conscients des problèmes, l’enquête est stupéfiante et certains résultats vraiment préoccupants ».
Une étude menée en 2013 et que nous avions rappelée en mars dernier avait déjà alerté sur les pressions, les violences et les harcèlements dont disaient se sentir victimes un certain nombre d’étudiants en médecine.