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Burundi : insurrection à venir?

International
Par Cerise Assadi-Rochet,  publié le 20 avril 2015 à 13h00.

La justice burundaise a inculpé samedi 18 avril 65 militants d'opposition pour « participation à un mouvement insurrectionnel »

Les « insurgés », inculpés ce samedi par la police burundaise, risquent jusqu’à dix ans de prison, une peine qui pourra être portée à la perpétuité s’ils sont reconnus coupables d’insurrection armée. Or, au Burundi, un simple jet de pierres sur des policiers peut être considéré comme une insurrection armée.

De violents affrontements avaient éclaté vendredi entre la police et un millier de militants d’opposition, qui manifestaient pour la première fois dans les rues de Bujumbura pour demander au président Pierre Nkrurunziza de ne pas briguer de troisième mandat.

Violente manifestation vendredi

Les forces de l’ordre avaient ainsi dispersé la foule à coups de canons à eaux, de grenades lacrymogènes et de matraques, dès le début de la manifestation. Les militants avaient alors riposté à coup de pierres. Une centaine d’opposants avait été arrêtée, et deux policiers avaient été blessés.

Les militants inculpés dans le cadre d’une procédure de flagrance seront jugés la semaine prochaine. Ils ont été incarcérés dans une prison du centre du pays.

Une procédure expéditive a été dénoncée par le président de l’Association pour la protection des personnes détenues et des droits humains (Aprodeh). « Deux heures seulement de temps ne suffisent pas pour auditionner une centaine de personnes. J’ai vu également que tous portent les mêmes infractions », a-t-il expliqué.

Crainte de violences pré-électorales

Manifestations et contre-manifestations du parti au pouvoir se multiplient au Burundi, autour de l’éventuelle candidature de l’actuel président de la République Pierre Nkrurunziza à sa propre succession. Le premier tour des élections devrait se tenir à la fin du mois de juin, mais les récents événements font craindre des violences pré-électorales.

Outre l’éventualité non constitutionnelle d’un troisième mandat du président, nul ne sait encore si les principaux partis d’oppositions seront autorisés à présenter des candidats à cette élections.

L’opposition burundaise assure aujourd’hui qu’elle ne lâchera pas prise.

Le Récap
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  • Crainte de violences pré-électorales
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