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Cantal : deux ans de prison pour traite d’êtres humains

Faits Divers
Par Vincent Spartien,  publié le 30 janvier 2015 à 3h51, modifié le 6 février 2015 à 16h38.

Pour avoir séquestré et réduit en esclavage deux jeunes hommes, un exploitant forestier de 45 ans est condamné à deux ans de prison ferme.

Un exploitant forestier a été condamné hier par le tribunal correctionnel d’Aurillac dans le Cantal, à trois ans de prison, dont un an de sursis avec mise à l’épreuve. Cet homme de 45ans avait été mis en examen pour avoir séquestré et réduit en esclavage, deux jeunes hommes venus de son village natal au Maroc.

Cité pour complicité d’enlèvement, et extorsion avec violence, le fils de ce quadragénaire a écopé d’un an de prison avec sursis. Les deux prévenus avaient auparavant forcés les deux victimes à travailler chaque jour à arracher de la gentiane afin de rembourser le quadragénaire qui avait aidé à les faire venir en France. Les deux victimes avaient tout de même déboursé 7000 euros pour arriver sur le territoire français.

Dix heures de travail par jour

Assistés d’un interprète, les deux victimes ont affirmé qu’ils travaillaient dix heures par jour, tous les jours, sans être payés pendant un mois. Un salaire était viré sur leur compte mais immédiatement récupéré par le quadragénaire. Par ailleurs, ces deux jeunes hommes étaient logés dans des conditions insalubres dans un studio, et subissaient violences, intimidations, chantage et confiscation de leurs passeports.

Une version contestée par l’exploitant forestier : « Ils ne voulaient pas travailler. Il fallait bien quand même qu’ils me remboursent les frais d’avion, d’immigration et les charges de l’appartement » déclare t-il lors du procès.

Des documents signés sous la menace d’un couteau

Craignant des représailles et « vivants dans la peur », les deux jeunes victimes âgés de 20 et 21ans affirment avoir signé des documents sous la menace d’un couteau. «Il faut qu’un salarié arrache 180 kilos de gentiane chaque jour pour que ça soit rentable. C’est énorme comme travail. Plus personne ne veut le faire» déclare le substitut du procureur. «Le père est coupable d’avoir organisé une filière pour exploiter ces jeunes et profiter financièrement de leur faiblesse» conclut-il.

Le Récap
  • Dix heures de travail par jour
  • Des documents signés sous la menace d’un couteau
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