STELLA, le billet format carte qui met le cash à l’épreuve

Image d'illustration. Argent monnaieADN
Présenté à Washington, STELLA imagine un billet au format carte bancaire. Plus durable sur le papier, il pose aussi de vraies questions d’usage.
En bref
- STELLA imite le format d’une carte bancaire
- Le prototype mise sur le polymère durable
- Ce n’est pas un futur billet en euros
L’argent liquide recule, mais il n’a visiblement pas dit son dernier mot. À la Banknote Conference organisée à Washington le 13 mai 2026, l’imprimerie fédérale allemande Bundesdruckerei a montré STELLA, un prototype de billet qui reprend presque exactement le format d’une carte bancaire.
Un billet pensé pour survivre à l’ère de la carte
Avec ses 85 x 54 millimètres, STELLA tranche franchement avec les billets classiques. À titre de repère, un billet de 20 euros mesure 133 x 72 millimètres. Le projet s’inscrit dans la série expérimentale Ex Nihilo, une collection d’études de concept censée explorer ce que pourrait devenir la monnaie physique.
L’idée est simple, et assez concrète. Si nos portefeuilles ressemblent de plus en plus à des porte-cartes, pourquoi ne pas imaginer un billet qui s’y glisse sans dépasser ? C’est aussi une manière, pour Bundesdruckerei, de rappeler que le cash peut encore évoluer alors que les paiements numériques gagnent du terrain.
Pourquoi ce petit format intéresse les imprimeurs
Réduire la taille d’un billet, ce n’est pas seulement faire plus compact. Bundesdruckerei explique qu’une surface plus petite permet d’utiliser moins de matières premières, moins d’encre, moins d’énergie et moins de temps de fabrication pour chaque exemplaire.
Le support compte aussi. STELLA repose sur un polymère issu de matières premières renouvelables et non fossiles, dans la continuité des billets en plastique déjà adoptés dans plusieurs pays. Ce type de support résiste mieux à l’usure que le papier coton, donc vit plus longtemps et demande moins de remplacements. Et ce débat arrive à un moment parlant, puisque les Français ont, en 2024, payé pour la première fois plus souvent par carte que par espèces.
Un objet noir, très travaillé, mais encore purement expérimental
Visuellement, STELLA reprend l’esthétique très sombre d’IGNIS, un précédent prototype présenté en 2024 et récompensé par l’International Association of Currency Affairs. Le nom renvoie à l’étoile, et le design à l’origine cosmique du carbone présent sur Terre. Bon, l’idée est surtout de traduire un discours de durabilité dans l’objet lui-même, avec un billet recentré sur l’essentiel.
Mais il faut le préciser. STELLA reste un laboratoire d’idées. Il n’est pas destiné à circuler, et il n’a pas de lien direct avec les nouveaux billets préparés par la Banque centrale européenne, dont les visuels pourraient être choisis dès 2026.
La sécurité se joue désormais sur chaque millimètre
Plus petit ne veut pas dire plus simple. Avec une surface ramenée à environ 46 cm², toute la question est de conserver un haut niveau de sécurité. STELLA adopte pour cela un design bord à bord, où les protections vont jusqu’aux extrémités du billet.
Certains effets optiques et certaines encres invisibles sont répartis en plusieurs zones, de sorte que les motifs n’apparaissent vraiment qu’une fois observés ensemble. De quoi compliquer la tâche des faussaires. Le prototype a été développé avec Koenig et Bauer, SICPA et KURZ. Bref, pas encore un nouveau standard, mais un signal assez net sur la manière dont le cash cherche à rester pertinent.