Samsung et Apple lancent la course aux écrans holographiques

Image d'illustration. Écrans holographiquesADN
Samsung développe un écran expérimental tandis qu’Apple multiplie aussi les brevets dans ce domaine.
Tl;dr
- Samsung travaillerait sur un écran holographique de smartphone (projet MH1), basé sur des recherches internes et des brevets déposés depuis plusieurs années.
- La technologie combinerait eye-tracking et contrôle de la lumière pour créer des images en 3D sans lunettes, avec une phase de développement encore très précoce.
- Apple développe aussi des technologies similaires, et une course à l’affichage holographique s’installe entre les deux géants, avec une possible arrivée après 2030.
Une course à l’holographie entre Samsung et Apple
Depuis quelque temps, la rumeur enfle autour d’un projet ambitieux porté par Samsung : le développement d’un écran de smartphone à affichage holographique. Derrière cette innovation, une technologie discrètement baptisée MH1, qui pourrait bien bouleverser la façon dont nous interagissons avec nos appareils mobiles. Selon les confidences d’un « insider » relayées sur le réseau social X par le leaker Schrödinger, la firme coréenne envisagerait de transposer son savoir-faire en matière de plaques 3D vers le monde du mobile.
Des brevets et des années de recherche
Si l’idée peut sembler sortie tout droit d’un film de science-fiction, elle s’appuie en réalité sur des travaux académiques et industriels menés depuis plus d’une décennie par Samsung. Dès 2018, un brevet déposé évoquait déjà un écran capable d’afficher des hologrammes. Puis, en 2020, le géant publiait une étude détaillant huit années d’expérimentations pour améliorer les angles de vision des vidéos holographiques, enjeu clé pour l’intégration dans nos poches. À ce propos, Hong-Seok Lee de la Samsung Advanced Institute of Technology, expliquait que « tandis qu’un écran classique se limite à l’intensité lumineuse, un hologramme module également la phase de la lumière afin de créer des images en trois dimensions. »
L’écran holographique : révolution ou mirage ?
La particularité du système codé H1 résiderait dans la combinaison du suivi du regard (« eye-tracking ») et du « diffractive beam-steering », permettant ainsi aux images projetées de s’adapter dynamiquement à la position de l’utilisateur. Résultat : une couche holographique donnant une impression de profondeur qui « s’étend au-delà de l’écran », le tout sans recourir à des lunettes spéciales. Selon les informations collectées par Schrödinger auprès d’une source interne présumée proche de la chaîne logistique, des algorithmes auraient même été brevetés afin que l’on puisse incliner le téléphone pour explorer les objets sous différents angles, à la manière des displays spatiaux.
Les perspectives restent toutefois incertaines : ce projet n’en serait encore qu’à la première phase de sa R&D et n’escompterait pas voir le jour avant, au mieux, 2030.
L’innovation spatiale : un enjeu partagé avec Apple
Face à cette offensive technologique, Apple n’est pas en reste. Le groupe a multiplié ses propres brevets sur les écrans holographiques depuis plus d’une décennie, citons par exemple ceux concernant les lunettes connectées obtenus dès 2019 ou encore les solutions autostéréoscopiques repérées dès 2008. Interrogés récemment sur ce sujet lors d’une interview exclusive, John Ternus et Greg « Joz » Joswiak ont affirmé que « la fusion du numérique et du physique est inévitable, c’est tout l’enjeu du spatial computing. »
La bataille pour imposer la prochaine génération d’affichages immersifs ne fait donc que commencer. Si beaucoup rêvent déjà du smartphone-hologramme dans leur quotidien, il faudra sans doute patienter encore quelques années avant que la technologie ne quitte les laboratoires pour conquérir nos poches.