Trois décès sur un navire de croisière : le hantavirus en question, quels sont les dangers ?

Image d'illustration. Représentation d'un virus ADN
Trois personnes ont trouvé la mort après avoir été exposées à un possible foyer de hantavirus à bord d’un navire de croisière. Cette maladie rare, transmise par certains rongeurs, soulève des questions sur ses symptômes et les risques encourus.
Tl;dr
- Trois morts par hantavirus sur un navire de croisière.
- Transmission principalement par rongeurs et leurs déjections.
- Aucune prévention spécifique hormis l’évitement des contacts.
Suspicion d’un foyer de hantavirus sur un navire de croisière
L’alerte a été lancée ce dimanche 3 mai 2026 : l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rapporte trois décès potentiellement liés à un foyer d’infection à hantavirus à bord d’un bateau de croisière dans l’Atlantique. Pour l’heure, un cas a été confirmé en laboratoire, tandis que cinq autres patients sont suspectés d’être touchés. Les investigations se poursuivent pour éclaircir les circonstances exactes de ce drame sanitaire en mer.
Origines et transmission du hantavirus
Le terme hantavirus désigne une famille de virus essentiellement transmis à l’humain par des rongeurs sauvages — souris ou rats principalement. Ces animaux excrètent le virus via leur salive, urine ou excréments, pouvant contaminer poussières et surfaces. L’exposition humaine survient généralement lors de l’inhalation de ces particules infectées, ou plus rarement après morsure ou contact direct avec les sécrétions animales. Selon l’Agence nationale de santé publique française, les risques sont accrus lors d’activités rurales ou forestières, ou dans des espaces longtemps inhabités.
Pour limiter la propagation, il n’existe pas de traitement préventif ou curatif spécifique à ce jour ; seule la réduction du contact avec les rongeurs et leurs traces reste recommandée.
Symptômes et complications : deux formes principales selon les régions
Lorsqu’il infecte l’humain, le hantavirus provoque des symptômes initialement similaires à ceux de la grippe : fièvre soudaine, maux de tête et douleurs musculaires. Toutefois, certaines formes peuvent évoluer vers des complications graves. Les cliniciens distinguent deux syndromes majeurs :
- Syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), principalement en Amérique : risque de détresse respiratoire aiguë et oedèmes pulmonaires, avec une mortalité qui atteint parfois 38 %, selon les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
- Fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), surtout présente en Europe et Asie : possibilité d’insuffisance rénale aiguë, avec une létalité pouvant grimper jusqu’à 15 % selon l’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP).
L’histoire complexe des hantavirus
Ce groupe viral tire son nom de la rivière Hantaan, à la frontière entre les deux Corée. Déjà durant la Guerre de Corée (1950-1953), plus de 3 000 soldats avaient été frappés par ces agents pathogènes méconnus alors. Si certains types rares peuvent se transmettre directement entre humains, cette situation demeure exceptionnelle au niveau mondial.
Environ 200 cas sont recensés chaque année dans les Amériques pour le SPH. L’absence persistante de vaccin ou médicament ciblé place la vigilance face aux rongeurs au cœur des stratégies de prévention face aux hantavirus.