The Last Jedi, le tournant narratif qui fracturé la saga Star Wars

Image d'illustration. Star WarsADN
En rompant avec les attentes et en tournant la page de l’héritage Jedi, le film de Rian Johnson impose une vision audacieuse mais fortement contestée.
Tl;dr
- Star Wars: The Last Jedi propose une rupture narrative en remettant en cause les codes historiques de la saga et divise fortement les fans.
- Le film déclenche des réactions contrastées, entre succès massif au box-office et controverses liées à certains choix scénaristiques et à la réception du casting.
- Face à cette polarisation, Disney opte ensuite pour un retour à une approche plus classique avec Star Wars: The Rise of Skywalker.
L’audace de The Last Jedi face à la machine Star Wars
En 2017, alors que la saga Star Wars atteignait ses quarante ans et que la marque, désormais propriété de Disney, ne cessait d’étendre ses tentacules sur la pop culture mondiale, un film est venu bousculer l’ordre établi : The Last Jedi, réalisé par Rian Johnson. Second opus de la nouvelle trilogie, il s’est vite imposé comme l’un des plus clivants de la franchise. Son message ? Il était temps d’en finir avec les cycles éternels de guerre, quitte à brûler les reliques du passé.
Un film qui déroute les fans… et les invite à tourner la page
Cette remise en question radicale a été perçue par beaucoup comme un camouflet adressé directement aux fidèles. Le personnage de Kylo Ren résume d’ailleurs cette philosophie sans détour : « C’est le moment de laisser mourir le passé ». Pour certains amateurs, l’absence de réponses à certains « mystères » hérités du précédent épisode ou la diversité du casting ont nourri une hostilité féroce, parfois franchement toxique.
Ce climat délétère n’a pourtant pas empêché le long-métrage de décrocher plus de 1,3 milliard de dollars au box-office. Un paradoxe qui en dit long sur l’attachement viscéral, et souvent passionné, du public à cet univers galactique.
Une prise de parole mesurée dans la tourmente
Dans ce contexte tendu, rares sont les acteurs à avoir commenté frontalement la polémique. À commencer par Oscar Isaac, alias Poe Dameron, qui a toujours préféré souligner le plaisir qu’il a eu à incarner son personnage, tout en évitant soigneusement les sujets polémiques. Interrogé lors d’une émission sur la virulence des réactions post-The Last Jedi, il a simplement confié comprendre l’attachement des fans : « Cela fait partie de ma famille, ces passionnés qui se sentent investis dans ces histoires. »
Son expérience du tournage ? Un souvenir lumineux, marqué par la découverte d’un réalisateur « laid-back », l’arrivée remarquée de Benicio del Toro, et des retrouvailles chaleureuses avec ses partenaires de jeu. Sans surprise, il ne s’est pas épanché sur le fond du film ni sur sa portée thématique ; une discrétion sans doute salutaire pour éviter toute récupération.
Entre polarisation et repli stratégique
Certains se souviendront toutefois que si Oscar Isaac a échappé aux foudres directes des fans, ce ne fut pas le cas pour d’autres membres du casting, à commencer par Kelly-Marie Tran, cible d’une violente campagne raciste en ligne. Face à cette crise, le studio optera deux ans plus tard pour un retour en terrain connu avec The Rise of Skywalker, jugé insipide par nombre d’observateurs.
Qu’on s’en réjouisse ou non, The Last Jedi aura prouvé qu’il est possible de secouer l’ordre établi dans une galaxie pas si lointaine… quitte à réveiller quelques tempêtes parmi les étoiles.