Le projet E1 d’Israël : une menace de division de la Cisjordanie, dénoncée comme un « crime de colonisation »

Image d'illustration. Vue panoramique des collines ondulantes de cisjordanie sous un ciel bleu éclatantADN
Le projet israélien E1, souvent qualifié de plan de colonisation, prévoit l’extension des implantations entre Jérusalem et la colonie de Maale Adoumim. Ce développement menacerait la continuité territoriale de la Cisjordanie palestinienne.
Tl;dr
- Israël approuve la construction de 3 400 logements en Cisjordanie.
- Projet critiqué par l’Onu et plusieurs États étrangers.
- Le plan menace la viabilité d’un futur État palestinien.
Un projet controversé relance les tensions en Cisjordanie
L’annonce est tombée ce mercredi 20 août 2025 : l’administration civile israélienne a donné son feu vert à un vaste projet immobilier, qui prévoit la construction de plus de 3 400 logements dans la zone E1, en Cisjordanie occupée.
Ce développement n’a pas tardé à faire réagir la communauté internationale, tout comme les représentants palestiniens. Dans un contexte déjà extrêmement sensible, cette décision risque fort de raviver les tensions sur le terrain.
E1 : une colonie qui fragmente le territoire
Situé à une dizaine de kilomètres à l’est de Jérusalem, le secteur E1 s’apprête donc à accueillir une nouvelle extension de la colonie israélienne de Maalé Adoumim. Selon les précisions rapportées par le quotidien Haaretz, ce sont précisément « un total de 3 412 logements » qui devraient sortir de terre sur « une zone de 12 kilomètres carrés », récemment rattachée à la municipalité locale.
Pour nombre d’observateurs et ONG, ce projet incarne une étape supplémentaire dans l’annexion progressive de la Cisjordanie, puisqu’il aurait pour effet direct de couper en deux le territoire palestinien, rendant quasiment impossible toute continuité territoriale pour un futur État palestinien viable.
L’indignation internationale monte d’un cran
La réaction internationale ne s’est pas fait attendre. Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a condamné fermement cette initiative, rappelant que «les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée […] violent le droit international et vont directement à l’encontre des résolutions des Nations Unies».
Du côté européen, plusieurs voix se sont élevées : le chef de la diplomatie britannique David Lammy a appelé les autorités israéliennes à faire marche arrière, tandis que son homologue italien Antonio Tajani a jugé le projet «inacceptable». Plus au sud, c’est le roi Abdallah II de Jordanie qui a souligné que «la solution à deux États reste l’unique voie vers une paix juste et globale».
Nouvelles lignes rouges pour la solution à deux États ?
Du côté palestinien, le ministère des Affaires étrangères n’a pas mâché ses mots, dénonçant ce qu’il considère comme un nouveau «crime de colonisation». L’ONG israélienne anti-colonisation « La Paix maintenant » alerte également sur les conséquences : selon elle, ce plan pourrait s’avérer «fatal pour l’avenir d’Israël et toute chance d’une solution à deux États».
Aujourd’hui, hors Jérusalem-Est annexée par Israël, près de trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie aux côtés d’environ 500 000 colons israéliens, installés dans des colonies unanimement qualifiées d’illégales par l’ONU. La mise en œuvre du plan E1 pourrait bien redessiner durablement les perspectives géopolitiques du Proche-Orient.