Sénégal : l'ex-président Habré contraint à se présenter devant le tribunal

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L'ex président tchadien Hissène Habré escorté par des gardiens de prison arrive au tribunal pour le premier jour de son procès à Dakar, le 20 juillet 2015

Lundi, l'ex-président tchadien Hissène Habré a été contraint d'assister à la reprise de son procès à Dakar. L'ancien dictateur est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de torture.

Il avait dans un premier temps refusé de reconnaître la légitimité de la cour dans le cadre de son procès, ouvert le 21 juillet dernier à Dakar (Sénégal), pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de torture. Cette opposition de Hissène Habré, président du Tchad entre juin 1982 et décembre 1990, avait ainsi conduit son procès à être ajourné au 7 septembre.

Ce choix, décidé par la cour, était censé permettre aux trois avocats sénégalais commis d'office à l'ancien dictateur de "s'approprier l'entièreté de ce dossier" 45 jours durant. C'est donc lundi que le procès Habré a repris, et si l'ex-dirigeant tchadien n'était toujours décidé à se présenter à la barre par sa propre volonté, c'est par la force qu'on l'a obligé à assister à l'audience portant sur la lecture de l'ordonnance de renvoi de l'accusé, et ce devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE).

Procès Habré : reprise avec 45 jours d'interruption, l'ex-dictateur tchadien au tribunal

Comme nous le rappelle Chine.org, les Chambres africaines extraordinaires avaient été créées sur requête de l'Union africaine (UA) dans le but de traduire en justice "le ou les principaux responsables" des crimes internationaux perpétrés au Tchad entre 1982 et 1990. D'après les estimations d'une commission d'enquête tchadienne, 40.000 personnes auraient trouvé la mort suite à la répression ayant eu lieu sous le régime de Hissène Habré. On compte d'ailleurs plus 4.000 victimes "directes ou indirectes" dans le camp des parties civiles.

Des avocats récusés par leur client

Au moment de leur désignation, les avocats de Hissène Habré avaient laissé entendre qu'ils allaient prendre ce devoir très au sérieux. Me Sène avait ainsi déclaré qu'il entendait bien "accomplir [sa] mission dans les règles de l'art", en ayant ajouté, au nom de ses confrères : "Nous nous mettons à la tâche dès à présent pour faire le maximum pour assurer la meilleure défense possible. Nous ne serons pas là pour la forme." Ce qui ne les aura pas empêchés d'être récusés par leur client.

Crédits photos : © AFP SEYLLOU DIALLO

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