Petits animaux, grands spermatozoïdes et inversement

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Sciences Un troupeau d'éléphants. Photo d'illustration.
Un troupeau d'éléphants. Photo d'illustration.

Oui, les souris produisent des spermatozoïdes plus gros que ceux des éléphants. Mais pourquoi mère Nature offre-t-elle une telle diversité de ces cellules reproductrices ?

En toute logique, l'on serait prêts à parier notre chemise qu'un gros mammifère, par exemple, fabrique des spermatozoïdes plus gros que ceux d'un petit rongeur. Mais non, c'est même l'inverse. Ici aussi, la taille ne compte pas et longtemps, les chercheurs se sont heurtés à l'explication de cette curiosité de la nature. Jusqu'à ce qu'une équipe de chercheurs de l’université de Zürich-Irchel (Suisse) se penche sur la question.

Une vaste diversité de spermatozoïdes dans le règne animal

Stefan Lüpold, l'un des chercheurs, confirme d'entrée à l'AFP: "Beaucoup de chercheurs (même des non-scientifiques) ont tenté de comprendre pourquoi les spermatozoïdes sont si incroyablement diversifiés alors qu’ils ont tous le même objectif : fertiliser les œufs des femelles". 

Dans un premier temps, les scientifiques ont pris en compte tout ce que l'on sait déjà sur les cellules reproductrices mâles d'une centaine d'espèces de mammifères, de la souris au loup. Et si en préambule nous avons écrit que que la taille ne compte, c'est en fait une demi-vérité, celle de l'animal a tout de même son importance. Mais pas dans la relation avec la taille des spermatozoïdes.

La "stratégie du gâchis" des grands animaux

Dans Proceedings B, revue publiée par la Royal Society anglaise, Stefan Lüpold et John Fitzpatrick expliquent que tout est question de qualité et de quantité. Ainsi, chez la femelle d'un gros mammifère, la taille de l'appareil génital est à l'avenant. Donc, les gamètes mâles sont plus susceptibles de se perdre en route avant d'atteindre l'objectif. "Dans ce cas, l'augmentation du nombre de spermatozoïdes est la meilleure stratégie. Avec plus de spermatozoïdes propulsés dans la course, le mâle optimise ses chances de concourir pour la fécondation", indique Mr Lüpold. Ici, c'est la quantité qui prime donc.

En revanche, pour les petits mammifères, "le risque de perte ou de dilution est beaucoup plus faible. Du coup, c'est la longueur du spermatozoïde (par exemple si ceux-ci peuvent nager plus rapidement) qui prend l'avantage". D'où la grande taille de leurs spermatozoïdes, présentant un taux de réussite élevé.

Crédits photos : David Steele/shutterstock.com

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