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Intoxication grave à la tapenade : 18 mois de sursis pour un producteur artisanal

Faits Divers > Justice > Alimentation
Par Jérôme Nelra,  publié le 13 juin 2016 à 14h39, modifié le 13 juin 2016 à 14h59.

En 2011, une intoxication à la tapenade avec symptômes du botulisme avaient conduit plusieurs personnes à l'hôpital, certains mêmes dans un état très grave.

Lundi, le tribunal correctionnel de Marseille (Bouches-du-Rhône) a condamné un producteur artisanal de tapenade à 18 mois de prison avec sursis pour « tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme et de blessures involontaires ».

Deux foyers d’intoxication grave

En septembre 2011, des personnes ayant à quelques jours d’intervalles consommé cette préparation à base d’olives vertes avaient dû être conduites à l’hôpital. Et en l’espèce, on ne parle pas d’une bénigne intoxication alimentaire. Originaires d’Amiens (Somme) et de Rustrel (Vaucluse), certains des patients avaient vu leur pronostic vital engagé.

En cause, des symptômes graves comme des paralysies ou des pertes de la vision, des maux liés au botulisme, qui reste très rare dans l’Hexagone. Aujourd’hui encore, certaines de ces personnes subissent encore de lourdes séquelles, notamment psychologiques ou respiratoires.

Un stérilisateur mis en cause

Lors du procès, qui avait débuté au mois de mai dernier, la présidente du tribunal Christine Mée avait insister pour rappeler que cette toxine botulique est « le poison le plus violent qui existe ».

Les conclusions de l’enquête avaient pointé du doigt l’usage, par le prévenu Maurice Gremeret, d’un stérilisateur doté de thermomètres dégradés par la rouille. Nos confrères du Parisien indiquent que « les spores de la bactérie clostridium botulinum à l’origine de la toxine botulique de type A nécessitent une stérilisation, pour un produit comme la tapenade, à 127 degrés ». Or, celui utilisé en l’espèce affichait une marge d’erreur limitée à 103 degrés.

Le producteur de 65 ans avait déclaré devant deux inspecteurs : « à deux ans de la retraite, je ne vais pas investir dans un autoclave ». Un « amateurisme » qui avait été relevé par la procureure Sylvie Marchelli.

Le Récap
  • Deux foyers d’intoxication grave
  • Un stérilisateur mis en cause
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