Haïti : une mascarade d'élection présidentielle boycottée

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International Des haïtiens votant. Photo d'illustration.
Des haïtiens votant. Photo d'illustration.

Officiellement demain aura lieu le second tour des élections présidentielles en Haïti. Mais pour la majorité des haïtiens, ce ne sera qu'une mascarade avec un seul candidat au second tour.

Haïti est un pays toujours meurtri par le terrible tremblement de terre qui avait causé la mort de près de 300.000 personnes il y a tout juste six ans. L'impressionnante aide internationale, très mal utilisée et distribuée, n'a pas permis de reconstruire le pays ni ses infrastructures. Le pays, toujours sous perfusion internationale, doit élire un nouveau président demain dimanche. Cette élection ne semble cependant être qu'une mascarade de démocratie et ne comportera d'ailleurs qu'un seul candidat au second tour.

Pour les haïtiens, il n'y a tout simplement pas d'élections

Lyonel Trouillot, un intellectuel haïtien de passage à Paris explique que "seule la communauté internationale et l'exécutif haïtien parlent de la tenue d'élections en Haïti". Le second tour de demain sera boycotté par Jude Célestin, le candidat de l'opposition, qui dénonce les "fraudes" et la "mascarade" de ces élections. L'opposition parle d'un "coup d'Etat électoral".

Jovenel Moïse, le candidat adoubé par l'actuel président (qui ne peut prétendre à un second mandat) sera donc élu par défaut. Pour Lyonel Trouillot il s'agit d'un "candidat élu d’avance, choisi par l’exécutif et les instances internationales" avant d'ajouter : "On se prépare donc à une catastrophe institutionnelle : un président qui ne sera pas reconnu par le pays, mais reconnu par ceux qui l’auront fabriqué".

Une élection jouée d'avance par les instances internationales

Pour l'intellectuel haïtien, ses compatriotes vivent sous "l'occupation" des étrangers : "la Minustah (la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, ndlr) ce sont des troupes étrangères avec des contingents venant de différents pays. Je ne vois pas comment les appeler autrement qu'armée d'occupation".

L'écrivain dénonce par ailleurs "l'obsession de prolonger un processus pourri qui n'est que parodie et mascarade de la part de la communauté internationale et de l'actuel exécutif haïtien".

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