Début du procès des émeutes à Moirans : 12 personnes jugées

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France Des suspects des émeutes de Moirans à leur arrivée au tribunal correctionnel le 19 septembre 2016 à Grenoble
Des suspects des émeutes de Moirans à leur arrivée au tribunal correctionnel le 19 septembre 2016 à Grenoble

12 personnes, issues majoritairement de la communauté des gens du voyage, sont jugées depuis hier pour la violente émeute qui avait secoué la petite ville de Moirans dans l’Isère.

Il y a près d’un an, le 20 octobre 2015, la petite ville de Moirans était secouée par une violente émeute qui avait fait des centaines de milliers d’euros de dégâts. Ces violences avaient été déclenchées par des dizaines de personnes issues de la communauté des gens du voyage après le refus d’un juge d’autoriser la sortie de prison d’un homme pour assister aux obsèques de son frère. 9 hommes et 3 femmes sont, depuis hier, jugés à Grenoble. Un des hommes, actuellement hospitalisé, ne peut cependant être présent. Par ailleurs, 3 mineurs seront jugés ultérieurement par le tribunal pour enfants.

Fureur et violence des émeutiers

Le 20 octobre 2015, des dizaines de personnes en colère après le refus d’un juge de laisser sortir un détenu emprisonné pour assister aux obsèques de son frère, mort quelques jours plus tôt à bord d’une voiture volée durant un cambriolage, déclenchent une violente émeute et dégradent de nombreux biens.

Selon les forces de police, 50 à 100 personnes ont alors érigé une barricade sur la départementale proche et brulé 35 véhicules. Des voitures incendiées sont aussi jetées sur la voie de chemin de fer interrompant la circulation d’environ 120 trains. Des jeunes issus de quartiers voisins se sont rapidement joins au groupe. La gare de Moirans est, elle-aussi, saccagée. Totalement débordées, les forces de gendarmerie avaient dû attendre des renforts pour intervenir en se contentant de filmer les scènes d’émeute. Ce n’est qu’après 12 heures de dégradations que le calme finira par revenir dans la petite ville de Moirans. Le montant des dégradations est finalement évalué à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les prévenus nient les faits et jouent sur le manque de preuves

L’ouverture du procès hier a permis de visualiser les vidéos et les photos prisent par les forces de l’ordre. Ces images ont montré la rage des émeutiers et leurs provocations envers les forces de l’ordre qui filmaient la scène. Cependant la plupart des prévenus nient les faits, hormis celui d’avoir été spectateur de l’émeute. Seule Thérèse Cornero, une retraitée, reconnait sa participation en déclarant à la barre : « J'avais la rage, la haine, je vous le dis franc ! ».

Les avocats des prévenus, qui encourent une peine de 10 ans de prison, estiment que les preuves apportées par les forces de police sont insuffisantes. La plupart étaient, il est vrai, cagoulées et gantées sur les photos et vidéos capturées par les forces de police.

A Moirans, beaucoup espéraient ce procès tout en craignant le verdict. 12 personnes jugées sur les 50 à 100 personnes qui ont détérioré c’est peu estiment certains. D’autres craignent une nouvelle émeute en cas de lourdes condamnations.Le procès se déroule sous une forte pression politique comme le dénonce l’un des avocats de la défense : « Il faut des coupables. Des politiques ont dit que les coupables seraient punis. Si on n'a pas de coupable, on punit qui ? ». Le procès devrait durer une quinzaine de jours.

Crédits photos : © AFP JEAN PIERRE CLATOT

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