Belfort : une ville sonnée mais la mobilisation Alstom s’organise

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France Un syndicaliste participe à une assemblée générale contre la fermeture du site Alstom à Belfort, le 13 septembre 2016
Un syndicaliste participe à une assemblée générale contre la fermeture du site Alstom à Belfort, le 13 septembre 2016

L’annonce de la fermeture du site Alstom de Belfort a assommé la ville. Le gouvernement s’est donné dix jours pour faire plier la direction. Une grande manifestation est prévue demain.

Les belfortains sont partagés entre résignation et envie de se battre. Certains croient à l’engagement de François Hollande qui se donne dix jours pour sauver le site historique de Alstom à Belfort, d’autres comptent sur une très forte mobilisation demain pour faire plier la direction.D’autres encore, plus pessimistes, sont déjà résignés et estiment que la ville a perdu l’un de ses poumons économiques et qu’en cas de départ de General Electric, la ville pourrait devenir le Détroit français.

Espoir et envie de se battre pour sauver le site Alstom de Belfort

Les salariés du site historique d’Alstom promettent une grande mobilisation demain jeudi. En attendant, l’usine tourne au ralenti. A la demande des syndicats, les salariés ont été incités à « lever le pied » et à ne « plus mettre les mains dans le cambouis ». L’appel à la grève n’a cependant pas été lancé, pour le moment.

Olivier Kohler, délégué CFDT d'Alstom Belfort, a expliqué à ses camarades qu’il « n'est pas question de se remettre au travail, il n'est pas question de faire comme si de rien n'était ». Le délégué syndical compte sur une forte mobilisation demain : « Jeudi, il faut qu'on fasse peur à la direction (...) Il faut que Henri Poupart-Lafarge (le PDG d'Alstom), dans son bureau, entende un peu ce qu'il se passe ici ». Très remonté, le syndicaliste promet de donner « des frissons aux Belfortains » avant d’ajouter que cette manifestation montrera que les « Alsthommes sont présents, et que les Alsthommes sont là pour se battre! ».

Belfort pourrait devenir le Détroit français ?

Damien Meslot, le député-maire (Les Républicains) de Belfort, a fait passer son message de désespoir lundi à Bercy et mardi auprès de la direction d’Alstom. Le maire de la ville, « profondément choqué » par la décision du PDG d’Alstom, estime qu’il sera « impossible » de maintenir une véritable activité industrielle à Belfort. Un conseil municipal extraordinaire est prévu aujourd’hui et la question Alstom sera bien évidemment au cœur des préoccupations.

Certains belfortains sont résignés. Ils rappellent que depuis vingt ans, la fermeture du site Alstom de Belfort est envisagée et s’y attendaient. Plus pessimistes, d’autres craignent désormais que « General Electric fasse de même ». Une hypothèse pas si inenvisageable qui ferait alors perdre à la ville ses deux poumons économiques et risquerait de signer, pour longtemps, un déclin similaire à celui que la ville de Détroit aux Etats-Unis a connu après les fermetures d’usines de production automobile.

Crédits photos : © AFP SEBASTIEN BOZON

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