Attentat de la rue des Rosiers : l'extradition de deux suspects refusée par la Jordanie

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La Jordanie a refusé en fin d'année dernière que deux suspects de l'attentat de la rue des Rosiers soient extradés vers la France. Le royaume justifie ces rejets par différents soucis de timing.

Le 9 août 1982, un attentat frappait le restaurant de Jo Goldenberg situé dans le quartier juif du Marais, à Paris. L'attaque aura fait six morts et 22 blessés. Près de trente-quatre ans plus tard, le dossier n'a toujours pas été refermé mais ses pages demeurent brûlantes.

La Jordanie a ainsi rejeté, le 29 octobre dernier, l'extradition vers la France de deux suspects dans cette affaire. À commencer par un Jordanien d'origine palestinienne soupçonné d'être le cerveau de l'attentat de la rue des Rosiers. Et le royaume d'expliquer ce refus par le fait qu'au moment de la comparution du suspect devant la justice jordanienne, l'accord d'extradition entre la France et la Jordanie n'était pas encore entré en vigueur.

Jordanie : le cerveau présumé de l'attentat de la rue des Rosiers ne sera pas extradé

Nos confrères de L'Express rapportent ainsi que, bien que signé en 2011, le document n'est réellement devenu valide qu'à compter de juillet 2015. Soit plus ou moins un mois après que le suspect, aujourd'hui âgé de 63 ans, ait été arrêté en Jordanie (le 1er juin). Il aura d'ailleurs été par la suite libéré sous caution.

Six morts et 22 blessés dans l'attaque du 9 août 1982

La justice française ne se verra pas non plus délivrer un autre suspect, au motif cette fois-ci d'un délai de prescription dépassé selon les autorités judiciaires jordaniennes. À l'époque, l'initiative de l'attaque avait été prêtée au groupe palestinien dissident de l'OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'"Abou Nida". À l'heure actuelle et sur la base de témoignages anonymes, les deux suspects mentionnés plus hauts sont soupçonnés d'avoir appartenu au groupe de cet "Abou Nida", mort en 2002 dans d'obscures circonstances. Notons de même pour finir que deux autres mandats d'arrêt avaient été émis par la France en février 2015 dans cette affaire, des mandats dirigés envers un membre présumé du commando basé en Cisjordanie occupée et un autre repéré en Norvège.

Crédits photos : Marco Prati / Shutterstock.com

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