Maladie du soda : six millions de personnes touchées en France

Six millions de Français, soit 12% de la population, sont atteints de la "maladie du soda", une pathologie se développant sans laisser apparaître le moindre symptôme.

Image rapprochée d'une personne montrant des signes de fatigue et de frissons, symptomatique d'un début de maladie.
Image d'illustration. Symptômes précoces de maladie — ADN

Elle peut faire sourire intérieurement un bref instant pour sa proximité littéraire avec une autre pathologie, ainsi que pour la désignation d’un type de liquide que l’inconscient collectif tend à considérer comme « pas aussi nocif que ça ». Pourtant, celle que l’on nomme la maladie du soda existe bel et bien, en dépit de ne se révéler sous aucun symptôme.

Tout part de la maladie du « foie gras humain », qui toucherait entre 25 à 30% de la population française. Une maladie qui se caractérise par une accumulation de graisse dans un foie devenu inapte à la transformer. La Parisienne rapporte que quelques années plus tard, des patients de cette pathologie peuvent développer cette fameuse maladie du soda, la stéatose hépatique non alcoolique (Nash).

Pierre Mènes, une victime de la maladie du soda

Et c’est à ce moment-là que les signes apparaissent : le foie est pris d’inflammations, des lésions hépatiques se manifestent et le patient est plus sujet à la fatigue. La biopsie du foie se veut alors le seul moyen de prendre connaissance de la maladie. Sur les six millions de personnes directement touchées en France (12% de la population), on compte le journaliste sportif Pierre Ménès.

Suite à la contraction d’une cirrhose Nash liée à un diabète de type 2, une hémorragie intestinale le frappe en 2015, avant qu’une double greffe du foie et du rein, intervenue en décembre dernier, ne lui sauve finalement la vie. Malgré ce qu’évoque une cirrhose, Pierre Ménès assure pourtant ne pas être un buveur et se contenter de trois whisky-coca par na.

5% des patients développeront un cancer

Pour une sensibilisation à grand échelle de la maladie du soda, un comité scientifique français et la société Genfit viennent tous deux de mettre en place le fonds de donation The Nash Education Program, qui dispose déjà d’1,9 million d’euros pour poser les premières pierres de son projet.

Une démarche indispensable en regard de l’alarmante perspective que dresse la journaliste Elsa Mari : « En 2020, les experts s’attendent à ce qu’elle devienne la première cause de transplantation hépatique en France, devant l’hépatite C. 5 % des malades développeront un cancer et 20 % des décès liés à la Nash sont d’origine cardiovasculaire. »

Gael Brulin

Spécialiste Santé

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