Le Mexique indigné après un épouvantable féminicide et la diffusion de photos dans la presse

Plusieurs photos ont été publiées par quelques titres de presse de la capitale mexicaine, le ministère de l'Intérieur enquête et envisage des poursuites.

En fin de semaine dernière, un meurtre sordide a horrifié le Mexique. Ingrid Escamilla, 25 ans, a été tuée par son conjoint dans leur appartement de la capitale. Âgé de 46 ans, l’homme a reconnu l’avoir poignardée, dépecée, et jeté plusieurs de ses organes dans les toilettes. Après avoir commis son crime, alors qu’il était selon lui sous l’emprise de la drogue au moment de la dispute fatale, il a appelé son ex-femme pour avouer son geste. Au-delà du caractère insoutenable de ses aveux, c’est la diffusion de photos du corps dépecé de la victime dans la presse tabloïd qui ajoute à l’indignation de la société mexicaine.

La question de la fuite de photos

Désormais, la question est de connaître l’origine de la transmissions de ces photos. Il y a tout lieu de croire qu’elles proviennent de membres des services de police ou de justice, et plusieurs enquêtes concernant des médecins légistes et des policiers liés au dossier sont en cours. Le ministère de l’Intérieur a fait savoir dans un communiqué que « La liberté d’expression et d’accès à l’information a des limites, et l’une d’elles est de ne pas nuire à la dignité et à l’intégrité des victimes, particulièrement celles de violences liées au genre ».

D’éventuelles poursuites contre les médias

Il précise que c’est le président Obrador qui a ordonné ses investigations, tout en demandant demandant que l’on porte une attention toute particulière « aux responsabilités et aux conséquences juridiques de ces faits ». Des sanctions et des inculpations pourraient en outre concerner les médias ayant diffusé les photos. Le ministère rappelle aux médias et plateformes de réseaux sociaux d' »éviter de diffuser des images de faits liés à des féminicides ou à tout autre crime », ces derniers pouvant constituer « une apologie de ces crimes ». Mardi, le procureur a communiqué son intention de requérir la peine maximale à l’encontre du quadragénaire. Enfin, des médias locaux rapportent qu’Ingrid Escamilla avait déposé plainte pour violences conjugales il y a quelques mois, avant de se rétracter.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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