Entre canicules, feux et anxiété, l’été est-il en passe de devenir la saison la plus redoutée ?

Image d'illustration. Photo de jardin en étéADN
Entre vagues de chaleur extrême, multiplication des feux de forêt et épisodes orageux violents, l’été s’accompagne désormais d’une anxiété grandissante chez de nombreux Français, bouleversant notre perception traditionnelle de la saison estivale.
Tl;dr
- Canicules et incendies records marquent l’été 2025.
- Conséquences psychologiques et sociales aggravées par la chaleur.
- Tourisme balnéaire résiste, mais l’équilibre se fragilise.
L’été 2025 : entre chaleur extrême et bouleversements sociaux
Si autrefois la simple évocation de l’été renvoyait à des images d’insouciance, de farniente au bord de mer et de promenades en famille, la réalité du moment s’impose aujourd’hui avec une tout autre intensité. Ce qui frappait d’abord, cette année, c’est le caractère historique de la canicule qui a embrasé la France métropolitaine au mois d’août. Plusieurs villes comme Bordeaux, Cognac, ou encore Angoulême, ont franchi des seuils inédits, dépassant parfois les 41°C. D’ailleurs, avec ces nouveaux pics, l’été 2025 s’affirme déjà comme le troisième plus chaud jamais enregistré dans le pays, après ceux de 2003 et 2022.
Des phénomènes climatiques extrêmes en cascade
Cette surchauffe ne s’est pas limitée aux températures. Les chiffres sont tout aussi vertigineux du côté des incendies : plus de 17 000 hectares ravagés dans l’Aude, tandis qu’à l’échelle européenne, ce sont plus de 515 000 hectares partis en fumée depuis début août. À ces drames écologiques se sont ajoutés ouragans menaçants — tel que Erin — et orages violents qui ont frappé plusieurs territoires français, provoquant inondations et dégâts matériels considérables. Le climatologue Christophe Cassou, coauteur du sixième rapport du GIEC, souligne que « La saison estivale incarne pleinement les effets du changement climatique ».
Dans cet environnement imprévisible, les épisodes extrêmes s’enchaînent : pluies torrentielles alternent désormais avec sécheresses prolongées. Pour beaucoup, cette saison jadis attendue devient source d’appréhension : « Le réchauffement climatique est un voyage sans retour sur un territoire inconnu ».
L’impact sur le corps… et l’esprit
Les conséquences ne sont pas qu’environnementales ; elles touchent également notre santé mentale. Selon le psychiatre Jérôme Palazzolo, la chaleur active nos hormones de stress — adrénaline et cortisol — générant irritabilité, impulsivité accrue et troubles du sommeil. Plus alarmant encore, la hausse des températures influence négativement les neurotransmetteurs comme la sérotonine, impliquée dans l’humeur et l’anxiété.
Quelques faits marquants illustrent ce malaise :
- Détérioration du sommeil durant les vagues de chaleur.
- Risque accru d’anxiété et troubles psychiatriques.
- Tensions sociales exacerbées dans certains contextes.
Une étude publiée en 2023 par The Lancet pointait déjà une augmentation des passages aux urgences pour troubles mentaux lors des canicules.
L’été reste le pilier du tourisme… jusqu’à quand ?
Faut-il croire pour autant que tout est perdu ? Selon la spécialiste du tourisme Isabelle Frochot, si « L’été demeure synonyme de vacances bien méritées », force est d’admettre que les plages françaises voient affluer des foules parfois à saturation — mais surtout dans certains lieux emblématiques. Le tourisme balnéaire continue à dominer : il représente encore près de 50 % de la demande en Europe.
Néanmoins, entre épisodes caniculaires répétés et risques accrus d’incendies ou d’orages destructeurs, il semble difficile d’imaginer que cette saison conserve éternellement sa saveur d’antan. L’été, désormais étroitement lié aux dérèglements climatiques, impose peu à peu ses nouvelles règles… Et personne ne sait jusqu’où cela ira.