Zika : plus de 50% des Brésiliennes ne souhaitent pas enfanter de sitôt

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Santé
Virus Zika

Une nouvelle étude révèle que plus d'une Brésilienne sur deux a avorté ou retardé sa grossesse de peur des conséquences sur le fœtus d'une contraction du virus Zika.

Le virus Zika continue de faire peur au Brésil où il a déjà sévi à de nombreuses reprises. On se souvient d'ailleurs des craintes émises à son sujet lors de la tenue, en août dernier, des Jeux Olympiques de Rio. Chez les femmes enceintes contaminées, le risque existe pour leur fœtus d'être victime de malformations ou de microcéphalie.

Conséquence notable de ces probabilités redoutées, un certain nombre de femmes brésiliennes ne souhaitent désormais plus enfanter de sitôt. Dans une nouvelle étude parue dans les colonnes du Journal of Family Planning and Reproductive Health Care, on apprend ainsi que plus de la moitié des Brésiliennes ont avorté ou remis à une date indéterminée leur projet de grossesse.

Grossesses contrariées par Zika au Brésil : davantage au nord

Pour obtenir cette observation, des chercheurs de l’université de Brasilia ont sollicité, en juin dernier, 2.000 femmes âgées de 18 à 39 ans. Des médecins ont demandé à ces volontaires si elles étaient enceintes ou si elles avaient l'intention de l'être, et quel était leur rapport au virus Zika.

Sous couvert de l'anonymat, elles pouvaient également faire savoir si elles avaient récemment eu recours à l'IVG (interruption volontaire de grossesse). Et il s'est donc avéré que 56% des sondées ont répondu avoir reporté leur grossesse en raison des risques posés par Zika. Parmi ces femmes, une majorité (66%) provenait du nord du Brésil, où l'épidémie s'est voulue la plus forte et les cas de microcéphalie les plus impressionnants.

L'IVG sous certaines conditions

À la lumière des résultats constatés, les signataires de cette étude estiment que les discussions sur l'avortement et l'accès à la contraception doivent être relancées. Car si l'IVG peut être pratiquée de manière légale au Brésil, c'est uniquement si la (future) mère a été violée, si son fœtus présente une anencéphalie ou si sa grossesse met sa vie en péril. Des conditions dans lesquelles Zika a ainsi bien du mal à trouver sa place.

Crédits photos : shutterstock.com

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