Tensions en Crimée : Poutine en visite se montre ferme mais ouvert

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International Le président russe Vladimir Poutine (d) et son Premier ministre Dmitri Medvedev lors d'une réunion à Sébastopol, en Crimée, le 19 août 2016
Le président russe Vladimir Poutine (d) et son Premier ministre Dmitri Medvedev lors d'une réunion à Sébastopol, en Crimée, le 19 août 2016

Alors que la tension monte en Crimée depuis quelques jours, Vladimir Poutine s'est rendu à Sébastopol. Le président russe s'est montré, comme à son habitude, à fois ferme mais ouvert au dialogue avec Kiev.

Le 10 août dernier, la Russie a affirmé avoir arrêté en Crimée des "saboteurs terroristes" ukrainien venus, selon Moscou, pour perpétrer des attentats. Ces accusations ont été le point de départ d'une dangereuse escalade entre Kiev et Moscou. Hier matin, Vladimir Poutine s'est rendu, par surprise, dans la péninsule criméenne où il a présidé un conseil de sécurité.

Vladimir Poutine préside un conseil de sécurité surprise en Crimée

Vendredi matin, le président russe accompagné de Dmitri Medvedev, son premier ministre se sont rendus, par surprise, à Sébastopol afin de tenir une réunion sur la sécurité en Crimée, désormais rattachée à la Russie. M. Poutine a ouvert le conseil de sécurité par "Ce n'est pas un hasard si nous sommes réunis aujourd'hui en Crimée". Selon le chef de l'Etat russe, l'objectif de ce conseil de sécurité est de "prendre des mesures supplémentaires pour assurer une meilleure protection de la Crimée".

La tension est effectivement montée depuis que les services secrets russes ont déclaré avoir arrêté des terroristes ukrainiens venus perpétrer des attentats en Crimée contre des "éléments cruciaux de l'infrastructure et du ravitaillement". Les terroristes auraient tué deux soldats russes lors de leur infiltration. Cet épisode, point de départ d'une montée des tensions est, selon Vladimir Poutine, lié au fait que l'Ukraine ait "décidé d’envenimer la situation".

Fidèle à sa politique d'ouverture, le président russe a par ailleurs déclaré : "J'espère que (ces actions de provocation, ndlr) ne seront pas le choix définitif de nos partenaires et que le bon sens prendra le dessus" avant de poursuivre, dans un geste d'apaisement : "Nous n'envisageons pas de réduire nos relations et ce malgré l'absence de volonté des autorités ukrainiennes actuelles d'avoir des relations diplomatiques complètes au niveau des ambassadeurs. Néanmoins, nous créerons des opportunités au développement de contacts et de leur maintien".

Ouverture et fermeté

Même si Vladimir Poutine a tendu la main à Kiev, le chef de l'Etat russe a, depuis le 12 août, déployé des missiles de défense anti-aérienne et des missiles anti-missiles particulièrement perfectionnés le long de la frontière avec l'Ukraine. L'armée russe a aussi entrepris des manœuvres à la fois terrestres et maritimes.

Inquiet, Petro Porochenko, le président ukrainien, s'est exprimé jeudi à la télévision. Le chef d'Etat, en dépit de l'absence de menace et ignorant les appels au dialogue de son homologue russe a déclaré que "La possibilité d'une escalade du conflit reste très grande. Et nous n'excluons pas une invasion russe à grande échelle".

Crédits photos : © Sputnik/AFP Dmitry Astakhov

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