Mesurer la bande passante : l'Arcep juge la technique compliquée

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Web Illustration. Un data center.
Illustration. Un data center.

Le gouvernement avait demandé à l'Arcep, gendarme des télécoms, de jauger les moyens de "mesurer le trafic sur la bande passante d’Internet". Et à terme, de la taxer. Mais l'Arcep juge que les difficultés techniques sont trop grandes.

C'est sans doute un coup dur pour le gouvernement. Il y a quelques mois, il était demandé à l'Autorité de régulation des communications électronique et des postes (Arcep), soit le gendarme de l'Internet en France, d'estimer la possibilité de "mesurer le trafic sur la bande passante d’Internet".

Car d'un côté, les opérateurs historiques ont toujours fait grise mine en voyant les services en ligne, par exemple Youtube, ne pas participer au coût des infrastructures toujours plus gourmandes. De l'autre, les autorités voyaient là le moyen de nouvelles rentrées d'argent.

Mesurer le trafic Internet : trop compliqué, estime l'Arcep

Dans un communiqué publié sur son site mercredi, le régulateur explique au gouvernement que "mesurer le trafic sur internet est une tâche rendue complexe par la diversité des modalités d’acheminement de ce trafic". Plus loin également : "Il n’existe par ailleurs pas de méthode univoque, infaillible ou exhaustive permettant d’associer un trafic à un service (...) L’identification du type de service transporté nécessite donc une analyse en profondeur des flux, qui peut, en plus de soulever des questions en matière de protection des données personnelles (...)".

Quelles solutions ?

Mais loin de "renvoyer dans ses 22" le gouvernement et plus particulièrement le ministère des Finances, qui s'était emparé du dossier, l'Arcep propose un outil de mesure, le SNMP. Derrière cet acronyme se cache un système, d'après le gendarme, qui réunit "faisabilité technique, coût et complexité raisonnable de mise en œuvre, fiabilité, complétude, caractère certifiable des résultats obtenus et ce, dans le respect des principes de neutralité de l’Internet et de secret des correspondances".

Le régulateur y voit cependant certaines limites, que vient confirmer Clément Cavadore, consultant réseau cité par Rue89 : "SNMP c’est un moyen fiable, bête, et méchant, pour connaître le volume d’échanges faits entre deux partenaires disposant d’une liaison dédiée, par exemple un peering privé. Mais ce n’est pas suffisant pour mesurer le trafic entre des partenaires qui ne disposent pas d’interconnexion directe". La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Crédits photos : Shutterstock.com

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