Un rapport dénonce une atteinte aux droits des détenus à l’hôpital

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Santé La contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, se dit "défavorable" au regroupement des détenus islamistes dans le cadre de la lutte contre la radicalisation en prison.
La contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, se dit "défavorable" au regroupement des détenus islamistes dans le cadre de la lutte contre la radicalisation en prison.

Adeline Hazan, contrôleur des prisons, a publié ce jeudi une série de recommandations au Journal Officiel en vue de l'amélioration des conditions d’accès aux soins des détenus. Leur intimité ne serait pas respectée.

Adeline Hazan, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), vient de déposer aujourd’hui un rapport d’une dizaine de pages au Journal Officiel. Ce dernier dénonce les traitements dont sont victimes les prisonniers lors d’une hospitalisation. L’ancienne maire de la ville de Reims va jusqu’à évoquer une atteinte "aux droits fondamentaux des détenus" lors d’une prise en charge à l’hôpital.

Les mauvaises conditions d’accès aux soins pour les détenus français

Le premier point soulevé par Adeline Hazan est la difficulté d’accès aux soins pour les détenus. Faute de spécialiste intervenant en milieu carcéral les prisonniers sont souvent contraints à être transportés dans les hôpitaux. Mais ce transport n’est pas toujours possible faute de personnel disponible pour assurer la sécurité de l’escorte ou à cause du plan Vigipirate renforcé. Le rapport demande de rendre plus de spécialistes disponibles en milieu carcéral ou d’avoir plus souvent recours à la télémédecine pour les cas les moins graves. Une autorisation de se rendre seul à la consultation pour les détenus les moins dangereux est également à l’étude.

Cette dernière mesure inquiète le syndicat FO du personnel pénitencier qui précise que l’an dernier, 10 évasions sur 25 ont eu lieu lors d’un transfert médical.

L’intimité du détenu non respectée

Lorsque le transfert est réalisé, le rapport dénonce les mauvaises conditions de ce dernier et de l’hospitalisation. Le détenu est souvent menotté pendant les consultations et les interventions chirurgicales et le personnel escortant le prisonnier reste souvent présent lors de la consultation, bafouant dès lors la règle du secret médical.

Pour finir, le rapport dénonce également les conditions de l’hospitalisation souvent "plus restrictives que les conditions de détention", notamment à cause de l’absence de visite ou de sortie vers l’extérieur. Adeline Hazan demande donc que l’égalité des soins soit respectée. Marisol Touraine, ministre de la Santé, et Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ont reçu et répondu à cet avis. Ces dernières rappellent qu’une mission d’évaluation a été commandée en mars dernier et qu’un rapport devrait être rendu en ce sens en septembre.

Crédits photos : © AFP/Archives Eric Feferberg

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