Ophtalmologistes : les délais d'attente attribués aux pouvoirs publics

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Société
Photo d'illustration. Dans un cabinet d'ophtalmo.

Le président du Syndicat National des Ophtalmologistes de France l'affirme : contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce ne sont pas les ophtalmologistes qui sont responsables des délai d'attente mais les pouvoirs publics, ainsi alertés depuis 15 ans.

Le souci premier des patients d'ophtalmologistes ne semble pas être celui de soins peu adaptés, mais plutôt des consultations souvent très éloignées de la prise de rendez-vous. En septembre 2015, un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) offrait des pistes pour des délais d'attente réduits.

Trente propositions parmi lesquelles se trouvait celle de développer la délégation de tâches aux orthoptistes. Et il y a un peu moins d'un an, on apprenait que le délai d'attente moyen était passé de 77 jours en 2013 à 85 jours en 2015. Une situation sur laquelle le président du Syndicat National des Ophtalmologistes de France Thierry Bour est revenu auprès du Huffington Post.

Délai d'attente : les ophtalmologistes pas responsables

L'ophtalmologiste s'est fait l'écho d'une aggravation de la situation, en indiquant ainsi que "100 jours : c'est la durée moyenne d'obtention d'un rendez-vous chez son ophtalmologiste en France, hors urgences." L'occasion également pour lui de rétablir une vérité concernant le temps d'attente des patients :

"Que cela soit dit une bonne fois pour toutes : les ophtalmologistes ne sont pas responsables des délais d'attente. Depuis 15 ans, nous alertons les pouvoirs publics et demandons chaque année une réévaluation du numerus clausus – c'est-à-dire du nombre de postes d'internes ouverts à la spécialité ophtalmologie. Malgré une pénurie criante, à peine 150 nouveaux ophtalmologistes sont formés dans toute la France, pour 250 départs en retraite."

Présidentielle : un appel à "zéro délai en 2022"

Après avoir notamment consenti à des journées de travail plus longues, décidé d'une modernisation de leurs cabinets, d'un recul de l'âge de leur retraite et permis le renouvellement des lunettes chez les opticiens entre deux examens médicaux, les ophtalmologistes se retrouvent aujourd'hui dans une impasse.

Pour s'en sortir, Thierry Bour propose d'actionner deux leviers : "Il faut débloquer le quota limitant le nombre de postes d'ophtalmologie ouverts aux internes en médecine. Actuellement, alors que les ophtalmologistes représentent 2,7 % du corps médical, seulement 1,7 % des postes sont ouverts à la spécialité ! [..] Le second levier est celui de la délégation de tâches. Actuellement, environ 40% des ophtalmologistes travaillent en équipe avec un ou plusieurs orthoptistes. Il faut doubler cette proportion, pour atteindre 80 % d'ici 2025."

Le président du syndicat termine sa tribune par un appel aux candidats à la présidentielle : "engagez-vous sur l'objectif 'zéro délai en 2022' ! Former 250 ophtalmologistes par an, soit 100 postes supplémentaires, et généraliser le modèle de coopération ophtalmologistes-orthoptistes, sont les deux solutions à la fois simples et efficaces pour y parvenir. Mettez fin à une situation devenue intolérable pour les Français !"

Crédits photos : Shutterstock.com

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