Levallois : des fresques de Taslitzky menacées de démolition

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Culture Les fresques signées de l'artiste Boris Taslitzky à Levallois.
Les fresques signées de l'artiste Boris Taslitzky à Levallois.

A Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), des fresques signées de l'artiste communiste Boris Taslitzky sont menacées de démolition. La polémique enfle, et une pétition circule pour les sauver.

Patrick Balkany est une nouvelle fois placé sus les feux médiatiques mais il n'y a pas de lien avec la justice, que ce soit pour une question patrimoniale ou autre. Non, cette fois, il s'agit d'une oeuvre d'art que la mairie de Levallois-Perret menace de détruire.

En 1968, la crèche municipale Louise-Michel était ornée de plusieurs panneaux de ciment rendant hommage à l'égérie de la Commune de Paris en 1871. C'était le maire communiste précédent, Parfait Jans, qui était à l'origine de cette commande faite à un artiste.

Un panneau de démolition vissé à même les gravures

Et l'oeuvre d'art n'est pas signée de n'importe qui, puisqu'elle a été réalisée par l'artiste Boris Taslitzky, dont certaines des oeuvres sont présentes à la Tate Gallery de Londres ou encore au centre Georges-Pompidou à Paris.

Entendons-nous bien, les fresques font partie d'un projet de démolition global de la crèche. Un permis de construire visant à démolition est vissé à même l'oeuvre, comme en témoigne une photo prise par un journaliste de Mediapart, qui révèle la polémique.

La fille de Boris Taslitzky alerte

Mise en garde par des riverains de la crèche, la fille unique de l'artiste décédé en 2005, Evelyne Taslitzky, explique à Mediapart : "La ville a joué la dissimulation en donnant le permis de construire au cœur de la torpeur estivale, le 22 juillet, ce qui nous laisse jusqu'au 22 septembre pour sauver les cinq panneaux en béton gravé de mon père". Si une pétition qu'elle a elle-même lancé a déjà recueilli 3.500 signatures à l'heure où nous écrivons ces lignes, elle pense également recourir à "un référé administratif".

Astier Vanderheeren, en charge de l'urbanisme à la municipalité, dit avoir appris l'existence des fresques avec le courrier d'Evelyne Taslitzky, et souligne qu'aucune décision n'est prise pour l'heure. Et Isabelle Balkany de s'emporter contre Mediapart; contactée lundi par Le Parisien, elle déclare : "Le père de mon mari a lui aussi été déporté !". La femme du maire de Levallois fait ainsi référence à la déportation de l'artiste au camp de concentration de Buchenwald.

Mais d'autres voix s'élèvent aussi : "Je pense qu'une solution va être trouvée, on ne détruit pas une œuvre d'art comme ça, a fortiori dans une ville qui n'a que 150 ans d'existence et dont le patrimoine doit être mis en valeur", a déclaré Arnaud de Courson, chef de file de l'opposition municipale.

Crédits photos : Capture écran Google Maps.

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