Jumelage : Levallois et Molenbeek se déchirent via la presse

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Actualité Illustration. L'Hôtel de ville de Levallois-Perret.
Illustration. L'Hôtel de ville de Levallois-Perret.

Depuis les attentats meurtriers de Paris, Levallois-Perret en France et Molenbeek en Belgique s'étrillent par voie de presse. Jumelées depuis 1981, les communes ne peuvent plus se voir. Il faut dire que l'actualité les a placées sur une ligne symboliquement surprenante.

Parfois, le hasard fait bien mal les choses. Il pourrait même prêter à sourire si tout cela n'était pas lié à d'aussi tragiques événements que les attentats de Paris du 13 novembre dernier. D'un côté se trouve Molenbeek, commune belge mise sous les feux des projecteurs pour son statut de "base arrière" des terroristes qui ont ensanglanté Paris. De l'autre, la française Levallois-Perret, fief des époux Balkany depuis 1983 et située dans les Hauts-de-Seine où se trouve le siège... de la DGSI (autrement dit, les services du renseignement français).

Or, les deux communes sont jumelées depuis 1981. Depuis vendredi dernier, le torchon brûle.

Molenbeek évoque un "jumelage bidon"

Commenté avec le sourire sur les réseaux sociaux, ce rapprochement a d'abord fait l'objet d'un petit tacle glissé de la part de Levallois. Il apparaît sous la plume virtuelle d'Isabelle Balkany, première adjointe de Levallois, qui sur Facebook rappelle que le "jumelage a été initié par la Municipalité levalloisienne socialo-communiste de l'époque, en 1981...".  Puis : "Depuis 1983 et l'élection de l'équipe dirigée par Patrick Balkany, contrairement au jumelage fraternel et actif avec nos amis allemands de Berlin-Schöneberg, le jumelage avec Molenbeek a totalement été mis en sommeil...". La première adjointe termine en réservant la suite à donner au jumelage entre les deux communes. Voilà pour le crochet du droit.

Le direct du gauche ne se fera attendre longtemps. Jeudi, la RTBF rapporte les propos d'Ahmed El Khannouss (centre gauche), responsable des jumelages pour Molenbeek. Il évoque un "jumelage bidon", auquel sa commune "n'a jamais donné suite. Ce jumelage n'a jamais été effectif pour la simple et bonne raison que la commune de Molenbeek ne voulait plus à un moment donné avoir de relations avec les époux Balkany qui traînent quand même quelques casseroles". 

Patrick Balkany intervient

Avec une ironie mordante, le maire Patrick Balkany entre alors sur le ring en déclarant au Figaro que "Molenbeek est surtout jumelée avec la DGSI. Je sais bien que c'est à Levallois mais enfin bon...". Dans la journée de jeudi, il se fend d'une lettre adressé à la bourgmestre de Molenbeek, Françoise A.M. Schepmans. Il y "déplore" les propos du premier échevin belge, et affirme : "Je n'ai volontairement pas cédé aux pressions des médias, comme d'une partie de mes administrés, visant à dénoncer formellement et publiquement ce jumelage". Avant d'ajouter : "Je ne souhaitais pas ajouter à une situation que je devine particulièrement difficile pour votre commune et ses élus un tel acte, certes symbolique dans les faits, mais qui aurait pu avoir une portée politique à votre égard que je ne désirais pas".

Crédits photos : Shutterstock.com

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