Journée internationale de lutte contre l'excision : au moins 125 millions de femmes concernées

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Société Madina Bocoum Daff
Madina Bocoum Daff

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'excision, il est à rappeler que cette pratique peut avoir de lourdes répercussions à la fois physiques et mentales sur les femmes qui la subissent.

Le chiffre apparaît faramineux, mais il revêt finalement un sens bien plus lourd, en plus d'être possiblement en deçà de la réalité, quand on expose les conséquences de cette pratique. Vendredi se tenait la Journée internationale de lutte contre l'excision. Selon le site "Excision, parlons-en !", au moins 125 millions de femmes seraient concernées.

L'excision, que l'on désigne également sous les appellations "Mutilations sexuelles féminines" (MSF) ou "Mutilations génitales féminines" (MGF), se rapporte à "toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes sexuels externes de la femme ou autre lésion des organes sexuels féminins".  Et si cette pratique s'observe un peu partout dans le monde, elle se veut particulièrement présente en Afrique sub-saharienne ainsi que dans certains pays du Moyen-Orient.

Excision : le témoignage d'une femme ayant perdu son enfance

Madina Bocoum Daff est la coordinatrice du programme de lutte contre l'excision de l'ONG Plan International au Mali. Un pays où les opérations d'excision sont fréquentes. Et pour l'avoir vécue dans son enfance, Madina indique via RTBF qu'elle en conservera les traces toute sa vie : "Une femme qui, comme moi, a subi l'excision connaît l'impact des traumatismes sur le corps et l’esprit tout au long d’une vie. La douleur et la souffrance que j'ai endurées, mon enfance que j'ai perdue, ne peuvent être effacées simplement."

Des tissus "coupés au couteau"

Et de préciser la mutilation opérée pour possiblement sensibiliser un peu plus l'opinion quant à cette pratique considérée comme contraire aux droits de l'Homme : "Je suis née dans une famille qui pratique l'excision sous sa forme la plus sévère, l'infibulation qui, outre l'ablation des organes génitaux externes, consiste à coudre l'orifice vaginal pour le rétrécir. L’infibulation crée un véritable mur de chair et de peau autour du vagin et de la zone pubienne afin de rendre la jeune fille sexuellement inactive. Les tissus devront donc être coupés au couteau avant qu’une relation sexuelle puisse avoir lieu. La souffrance, la terreur et la honte ressenties dans le cadre du mariage sont donc inimaginables". Les répercussions de l'excision peuvent s'avérer très graves : mal-être psychologique, hémorragies, infections, transmission de maladies (sida, hépatite), relations sexuelles douloureuses et moins intenses, incontinence urinaire voire la mort.

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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