Évacuation manu militari des migrants de l’Église Saint-Bernard

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France Des membres de la Police Nationale
Des membres de la Police Nationale

Suite au démantèlement mardi du camp du boulevard de La Chapelle, des migrants se sont installés devant l’Église Saint-Bernard et ont été évacués par les forces de l'ordre vendredi.

Mardi, ce sont 360 migrants qui ont été évacués de leur camp de fortune sous le métro aérien du boulevard La Chapelle à Paris. Certains ont obtenu un hébergement mais d'autres sont toujours dans la rue, bien que les pouvoirs publics leur avaient promis à tous un logement. Des dizaines de migrants se sont donc installés devant l’Église Saint-Bernard du 18e arrondissement de Paris, non loin de l'ancien camp de La Chapelle, avant d’être évacués manu militari par les forces de l'ordre vendredi.

La tension est rapidement montée d'un cran

Vendredi après-midi, les forces de l'ordre ont commencé à évacuer les migrants par petits groupes de 3 ou 4 en les raccompagnant à la station de métro La Chapelle. Tout se passait relativement dans le calme lorsque vers 17h la tension est montée d'un cran au sein de la station. Les forces de l'ordre se sont donc vues contraintes de faire sortir les migrants qu'elles avaient fait rentrer une heure avant. Pendant cette confusion, de nombreux migrants sont entrés dans un centre sportif qui se trouve à proximité et en ont été rapidement délogés par les gendarmes. Cette scène s'est déroulée sous les yeux d'une cinquantaine de manifestants et de membres du milieu associatif qui, pour soutenir les migrants, scandaient "solidarité avec les réfugiés".

Non loin de se calmer, la situation s'est encore plus envenimée lorsque certains manifestants et migrants ont investi la chaussée et bloqué la circulation. Durant cette intervention, un migrant a même été menotté et emmené par les gendarmes. Ce n'est qu'en début de soirée que l’opération des forces de l’ordre a pris fin, migrants et manifestants avaient quitté les lieux.

Les associations dénoncent un "scandale humanitaire"

Alors que les pouvoirs publics avaient promis des solutions d’hébergements aux migrants de La Chapelle avant le démantèlement du camp mardi, beaucoup sont toujours à la rue. Des associations et certains élus dénoncent d'ailleurs cette absence d’hébergement proposé aux migrants. Dante Bassino, adjoint PCF en charge du logement dans le 10e arrondissement est indigné : "Le but, c'est de disperser le problème, qu'il n'y ait surtout pas de campement visible. Ils viennent pour vivre normalement, pour travailler, il faut les laisser circuler". Quant à la préfecture de police, elle affirme que "les personnes dispersées à Saint-Bernard ne font pas partie des migrants de la Chapelle pour qui des solutions de relogement ont été trouvées".

Plusieurs associations d'aide aux migrants dont Médecins du Monde, Emmaüs, l'Auberge ou encore la Cimade, dénoncent quant à eux un "véritable scandale humanitaire". Elles ont pris l'initiative d'envoyer un courrier au Premier ministre Manuel Valls pour réclamer des mesures "urgentes", reste désormais à savoir si celui-ci se prononcera sur la situation de ces migrants.

Crédits photos : jbor / Shutterstock.com

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