Le contraceptif Essure restera commercialisé jusqu'à nouvel ordre

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Santé
Implants contraceptifs

Suspecté d'être à l'origine de troubles divers, le contraceptif Essure ne sera malgré tout pas retiré du marché dans l'immédiat. Les autorités compétentes estiment ainsi nécessaire d'attendre les résultats de deux études épidémiologiques sur le sujet.

En décembre dernier, deux femmes se disant victimes du contraceptif de contraception définitive Essure intentaient une action en justice à l'encontre de son fabricant, les laboratoires Bayer Healthcare. Une décision annoncée alors que le produit était alors déjà "sous surveillance renforcée" depuis deux ans.

Le but de cette procédure, faire interdire ces implants de stérilisation qui causeraient ainsi des complications et des troubles aux niveaux, notamment, neurologique, musculaire et hémorragique. Vendredi, deux plaignantes appartenant à l'association R.E.S.I.S.T. (Réseau d'entraide, de soutien et d’informations sur la stérilisation tubaire) et une mère de famille de 39 ans ont été reçues au ministre de la Santé.

Essure maintenu sur le marché en attendant des conclusions

Et si ces femmes espéraient que leur soit communiquée l'interdiction prochaine de vendre le contraceptif, et ce "au nom du principe de précaution dans l’attente des résultats des expertises médico-judiciaires", c'est à une semi-déception qu'elles ont vraisemblablement été confrontées.

Leur avocat Me Joseph-Oudin a ainsi déclaré à nos confrères du Monde que "l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [ANSM] et le cabinet de la ministre de la santé, Marisol Touraine, ont bien conscience qu'il y a un problème lié à la pose du dispositif Essure et à sa composition. Mais ils attendent les conclusions dans quelques semaines de deux études épidémiologiques. L’une menée par l’ANSM à partir de données de l'Assurance-maladie, et une autre demandée à Bayer par la Food and Drug Administration, l'autorité de santé américaine."

Des expertises du contraceptif payées par Bayer Healthcare ?

Le magistrat a ajouté que "notre objectif est de faire nommer des experts qui se prononceront sur les pathologies énoncées et le dispositif", des expertises dont Bayer Healthcare pourrait "prendre en charge" les coûts conformément à la volonté affichée par l'avocat : "C'est de l’ordre de 3.000 à 4.000 euros par dossier. Environ 200 dossiers sont en cours de constitution. Ce serait pour Bayer une bonne façon de manifester son intention de faire la lumière sur cette affaire."

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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