Centrafrique : Trois soldats français formellement identifiés

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France Des Casques bleus de la Minusca patrouillent à Bangui le 22 mai 2015
Des Casques bleus de la Minusca patrouillent à Bangui le 22 mai 2015

RTL rapporte que trois soldats français auraient été formellement identifiés. Ils sont soupçonnés d'avoir commis des viols sur des enfants en Centrafrique.

Près de six mois après que The Guardian ait dévoilé cette sombre affaire de pédophilie au Centrafrique impliquant des soldats français, RTL rapporte aujourd’hui que trois personnes ont été formellement identifiées. Elles sont accusées de viol sur des enfants en échange de nourriture.

Commis fin 2013, ces viols concerneraient officiellement 13 militaires. Selon RTL, les trois militaires identifiés auraient imposé des fellations et sodomies en échange de nourriture.

Deux magistrats français envoyés sur place

Pour le secrétaire des Nations unies Ban ki-Moon qui s’était déjà exprimé sur le sujet il y a quelques mois il y a "trop peu de cas qui font l'objet de poursuites et les sanctions ne sont pas assez fermes". Ce dernier avait même annoncé qu’il n’hésiterait pas à  "rapatrier des contingents entiers" de casques bleus si des exactions étaient encore commises sur le terrain.

La France a ouvert en juillet 2014 une première enquête préliminaire. Deux majistrats français se sont rendus à Bangui afin de recueillir les témoignages d’enfants. Selon les règles des Nations unies, seuls les Etats peuvent intenter des actions en justice contre leurs militaires. De son côté, la Centrafrique mène ses propres enquêtes. La population, très remontée, avait fait plusieurs manifestations concernant les viols d’enfants par les militaires français.

L’armée française était-elle au courant depuis mai 2014 ?

"Si les faits sont avérés, je ne mesurerai pas ma colère, parce que lorsque le soldat français est en mission, il est la France. Si, d’aventure, un seul d’entre eux a commis de tels actes, qu’il se dénonce immédiatement" avait déclaré Jean-Yves le Drian dans une interview. Le ministre de la Défense était pourtant au courant depuis plus d’un an rapporte Gallianne Palayret, directrice chez les droits de l’homme pour l’ONU. C’est elle qui avait en premier lieu rapporté les faits pour The Guardian.Elle affirme avoir prévenu l’état-major de la force Sangaris à Bangui depuis le mois de mai 2014.

Crédits photos : © AFP/Archives Patrick Fort

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