Burn out : les soignants en détresse psychologique ne savent pas à qui s'adresser

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Santé
Photo d'illustration. Le burn-out, ou épuisement au travail.

Près de la moitié des professionnels de santé ne sauraient pas à qui s'adresser s'ils se retrouvaient en situation de souffrance psychologique. Certains pensent que cette situation pourrait être dangereuse pour les patients.

L’expression « les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés » semble trouver tout son sens dans le milieu médical. En effet, selon une étude menée par l’association Soins aux professionnels de santé (SPS), près de la moitié des personnes travaillant dans le domaine de la santé ne saurait pas à qui s’adresser s’ils elles se retrouvaient en situation de souffrance psychologique. Une situation qui arrive malheureusement très souvent.

50% des professionnels de santé ont déjà été en souffrance

Pour son enquête, l’association SPS a recueilli les témoignages de 4000 professionnels de santé grâce à un sondage posté sur internet du 19 septembre au 17 octobre. Alors qu’une première enquête menée par le SPS en 2015 indiquait que 50 % étaient ou avaient été concernés par le burn-out et 14 % par des conduites addictives, l’étude de 2016 dresse un constat inquiétant quant à la méconnaissance des praticiens quant aux possibilités de prise en charge.

Dans le détail, 95 % des personnes ayant participé à l’étude indiquent ne pas connaître d’association engagée contre la souffrance psychologique et 97 % ne connaissent pas de numéro d’écoute dédié.

Plus de la moitié des sondés pensent que la qualité des soins prodigués par des praticiens en situation de souffrance psychologique pourrait être affectée au point de pouvoir mettre en danger la vie des patients.

L’urgence de trouver des solutions

72 % des professionnels interrogés demandent une prise en charge urgente de ce problème. 75 % seraient pour des consultations physiques avec des médecins généralistes ou spécialistes. 69 % ne demandent pas d’aide par souci de discrétion et 71 % indiquent ne pas pouvoir s’offrir le « luxe économique » d’être en arrêt maladie.

Devant ce constat, l’association SPS a d’ores et déjà indiqué la mise en service d’une plateforme nationale proposant des services dédiés à la souffrance psychologique des professionnels de santé dès la fin de l’année.

Crédits photos : Shutterstock.com

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