Argenteuil : 150 personnes rassemblées contre le Flash-Ball

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Société Un policier surveille, Flash-Ball à la main, la zone où se déroule une opération contre le trafic de drogues, le 5 septembre 2013 à Marseille
Un policier surveille, Flash-Ball à la main, la zone où se déroule une opération contre le trafic de drogues, le 5 septembre 2013 à Marseille

Samedi, plus de cent personnes se sont rassemblées à Argenteuil pour dénoncer l'utilisation du Flash-Ball, cette arme ayant ainsi grièvement blessé trois jeunes de la commune ces dernières semaines.

Dernièrement, de jeunes gens de la commune d'Argenteuil ont été durement ciblés par des tirs de Flash-Ball, aussi appelé lanceur de balle de défense ou LBD. Et c'est pour témoigner d'un soutien aux familles de trois victimes grièvement touchées qu'un rassemblement s'est tenu samedi.

Libération nous informe que cet hommage a été, entre autres, suivi par des habitants de villes environnantes de même que par les parents de victimes de violences policières. Le père d'Amine, l'un des jeunes sévèrement touché, a eu l'occasion de rappeler qu'un tir de LBD est venu toucher le testicule droit de son fils de 14 ans dans la nuit du 13 juillet dernier, alors que celui-ci jouait dans un square avec ses camarades tout en respectant le souhait de ses parents d'éviter la "dalle". Soit un lieu d'affrontement entre jeunes plus âgés et les forces de l'ordre.

Jeunes blessés au Flash-ball à Argenteuil : un rassemblement de soutien suivi

Le père d'Amine a également déclaré, non sans une certaine émotion dans la voix, que "le sujet est assez sérieux, quand on voit qu’on peut tirer facilement sur nos enfants". Il a ajouté qu'"Amine était dehors pour fêter le 14 juillet avec ses amis. Ce qu’on attendait d’eux [ndlr : les policiers], c’était qu’ils les protègent, pas qu’ils leur tirent dessus". La victime, évoluant maintenant à l'aide d'une béquille, a quant à elle assuré n'avoir "rien fait contre la police".

"Nos quartiers ne sont pas des stands de tirs"

L'intervention du père d'Amine, qui a été la première de toutes, a notamment été suivie par celle du frère de Tarik, un autre jeune récemment blessé par un tir de LBD : "C’est important de se bouger les uns, les autres, c’est important de rester solidaire pour que justice soit faite." Avant que des familles de victimes ne prennent le relai, l'occasion de rappeler entre autres que le réalisateur Joachim Gatti est borgne depuis 2009 suite à un tir reçu de Flash-Ball. Soulignons enfin que sur une banderole noire accrochée aux grilles de la sous-préfecture, on pouvait lire le message "Nos quartiers ne sont pas des stands de tirs".

Crédits photos : © AFP/Archives Anne-Christine Poujoulat

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