Primaire : « Sarkozy se jean-marise », selon Jean-Marie Le Pen
A la veille du procès contre le FN, qui l'avait exclu, Jean-Marie Le Pen évoque sa fille et l'ancien président Sarkozy.
Mercredi, en début d’après-midi, le fondateur du Front National se présentera devant le Tribunal de grande instance de Nanterre pour contester son exclusion du parti en août 2015. S’il demande 2 millions d’euros et sa réintégration au poste de président d’honneur, au FN on assure que le dossier est « bétonné » et l’on ne voit « pas comment il pourrait obtenir gain de cause ».
Au Parisien, il a donné ses impressions sur la présidentielle de 2017 et sur les campagnes de sa fille et de Nicolas Sarkozy.
Marine Le Pen, une stratégie « suicidaire »
Toujours dans son optique de dédiabolisation du parti, Marine Le Pen efface la flamme FN qu’on a toujours vue sur les affiches de campagne. Selon le patriarche, « Renoncer à la flamme, au sigle FN, à la ligne qui nous a conduits jusqu’au premier plan, c’est suicidaire ». Voilà pour la forme. Sur le fond, il estime que sa fille « semble négliger dans ses discours récents cet état de l’opinion qui est très à droite, qui se radicalise… si j’ose dire ».
Quant à savoir si il donnera sa voix l’an prochain à celle qui l’a évincé de son propre parti, il hésite encore : « Je ne sais pas. C’est dans sept mois. D’ici là, il peut se passer beaucoup de choses… ».
Nicolas Sarkozy « veut sa part du gâteau »
Selon M. Le Pen, une passe d’armes semble s’opérer entre sa fille et l’ancien chef d’Etat : « Il occupe au fur et à mesure le terrain que Marine Le Pen évacue pour aller vers le centre ». D’une part, il semble le regretter, estimant « qu’elle a tort de souhaiter apparaître plus centriste qu’elle ne l’est. Ça ne correspond pas à l’évolution de l’opinion ».
D’autre part, il répond ainsi à la question de savoir si Nicolas Sarkozy s’oriente de plus en plus vers ses idées : « Ce n’est pas moi qui me sarkozyse, c’est lui qui se jean-marise ! ». Selon lui, le candidat à la primaire à droite « est un opportuniste » qui « voit bien les évolutions de l’opinion et les sondages qui favorisent Marine Le Pen et les idées du Front national. Alors il voudrait prendre sa part du gâteau ».