Pourquoi l’ADN humain ne contient pas autant d’infos qu’on l’imagine

Stephen Hawking comparait l’ADN humain à 50 nouvelles. Une image simple pour comprendre ce que notre code génétique contient, et ce qu’il ne contient pas.

En bref

  • L’ADN humain contient environ trois milliards d’acides nucléiques
  • Selon Stephen Hawking, sa part utile reste limitée
  • Les livres transmettent bien plus d’informations que l’ADN

Trois milliards. Le chiffre impressionne, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Dans un texte académique daté de 1996, Stephen Hawking rappelait que l’ADN humain contient environ trois milliards d’acides nucléiques. Sauf qu’une large part des informations codées dans cette séquence est, selon lui, redondante ou inactive.

Trois milliards d’éléments, mais pas trois milliards d’informations

Vu comme ça, le code génétique ressemble à une masse immense de données. Pourtant, Stephen Hawking précisait que la quantité d’informations utiles dans l’ADN humain tourne autour de 100 millions de bits. Autrement dit, il faut distinguer la longueur de la séquence et ce qu’elle transmet réellement.

Il ajoutait aussi qu’aucun changement détectable lié à l’évolution biologique n’avait été observé dans l’ADN humain au cours des dix mille dernières années d’histoire. Le contraste est fort. Le support biologique bouge peu, alors que ce que les humains se transmettent, lui, a explosé.

La comparaison qui change tout avec les livres

Pour rendre cette idée plus concrète, Stephen Hawking utilisait une image simple. Si un roman représente environ deux millions de bits, alors l’ensemble des informations utiles contenues dans l’ADN humain équivaut à peu près à 50 nouvelles.

Et ce n’est pas tout. D’après lui, les livres transmettent l’information bien plus efficacement que l’ADN, jusqu’à 100 000 fois plus. Il citait même la capacité d’une bibliothèque nationale, évaluée à dix mille milliards de bits. La comparaison est assez nette, et plutôt bien trouvée.

Ce que Hawking disait encore ignorer sur l’origine de l’ADN

Dans cette même lecture, Stephen Hawking reconnaissait un point de fond, toujours frappant par sa franchise. « Nous ne savons pas comment les molécules d’ADN sont apparues », disait-il.

Le physicien jugeait très faible la probabilité qu’une molécule d’ADN naisse de simples fluctuations aléatoires. Il évoquait aussi une autre hypothèse, celle d’une vie venue d’ailleurs jusqu’à la Terre, sous forme de « graines de vie » dans la galaxie. Mais il soulignait aussitôt une limite majeure, l’ADN lui paraissant peu capable de survivre longtemps aux radiations de l’espace.

Une évolution biologique peu visible, une transmission culturelle immense

Ce que pointe surtout Stephen Hawking, c’est un basculement. L’humain ne progresse pas seulement par son code génétique, loin de là. La transmission des connaissances d’une génération à l’autre a pris une place immense, bien au-delà de ce que l’ADN peut porter à lui seul.

Résultat, le vrai réservoir d’information n’est pas uniquement biologique. Il est aussi culturel, écrit, accumulé.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi parler de bits pour l’ADN ?

Le bit sert ici d’unité de comparaison. Stephen Hawking l’emploie pour rapprocher l’ADN d’autres systèmes d’information, comme un livre ou un code informatique. Cela ne veut pas dire que l’ADN fonctionne exactement comme un ordinateur, mais que l’on peut estimer la quantité d’information qu’il contient.

Que signifie une information redondante ou inactive dans l’ADN ?

Dans le cadre de ce texte, cela désigne des portions de séquence qui ne correspondent pas directement à une information utile au sens où l’entend Stephen Hawking. Son idée est simple, toute la longueur de l’ADN ne se transforme pas en contenu exploitable ou distinct.

Pourquoi la comparaison avec une bibliothèque nationale est-elle importante ?

Parce qu’elle change l’échelle. Dire que l’ADN vaut environ 50 nouvelles reste parlant, mais la bibliothèque nationale, avec ses dix mille milliards de bits, montre surtout à quel point l’écrit accumulé dépasse la seule mémoire biologique humaine.

Stephen Hawking tranchait-il sur l’origine de la vie ?

Non. Il exposait une difficulté, celle de l’apparition de l’ADN, puis mentionnait plusieurs pistes sans en faire une certitude. Son propos insiste surtout sur ce qui restait, pour lui, non résolu.

Gael Brulin

Spécialiste Sciences

Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Génétique

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.

24matins · 24 Août · 10h00

Mystère de la vie : l’incroyable histoire d’une boule de magma devenue océan

Il est indéniable que la vie a vu le jour sur Terre dès ses premiers balbutiements. Quels événements extraordinaires ont déclenché l'émergence des premiers êtres vivants ? Pour décrypter cette énigme, partons en voyage vers les origines de notre planète, une Terre désolée d'il y a quatre milliards d'années. Mais qu'a-t-il bien pu se passer à cette époque pour que la vie puisse surgir ?