Vigiles armés : le ministère de l'Intérieur envisage le dispositif

Par , publié le | modifié le
France Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve
Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve

À l'avenir, les vigiles pourraient opérer armés. Le gouvernement se penche ainsi actuellement sur la question d'un tel dispositif, dont l'application ciblerait surtout la protection de lieux sensibles.

Il se pourrait que, dans un avenir plus ou moins proche, les vigiles travaillant pour le compte de sociétés privées soient armés. Une mesure qui serait notamment appliquée dans la protection de sites dits sensibles. Armer les vigiles aurait également pour but de délester les forces de l'ordre des "tâches indues".

Voilà ce que nous apprennent nos confrères du Figaro, qui rapportent ainsi que le ministère de l'Intérieur s'apprête à désigner ces possibles futurs vigiles armés d'"agents de sécurité renforcée", en les équipant en conséquence. Un dispositif qui n'est pas sans soulever diverses interrogations.

"Agents de sécurité renforcée" : les vigiles armés vus par le gouvernement

Pour le secrétaire général de l’Union des entreprises de Sécurité Privée (USP) Pierre-Antoine Malfait, cette vision apparaît pertinente : "Nous sommes favorables à cette évolution. Notre secteur compte 4 000 sociétés qui emploient au total 140.000 personnes chargées de la surveillance humaine. Et nous estimons que certains de ces agents doivent pouvoir participer à l’effort global de la nation pour assurer sa sécurité intérieure. Mais cela doit se faire de manière encadrée."

Un dispositif discuté

Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip), se veut quant à lui moins enthousiaste sur la question : "Densifier le nombre d’agents armés – ceux du public et bientôt ceux du privé – n’empêchera jamais un terroriste d’agir. Ce dernier a, par définition, toujours un coup d’avance au moment où il dégaine son fusil d’assaut ou sa kalachnikov et tire dans la foule. On ne peut le neutraliser qu’après coup. Par ailleurs, délivrer une arme aux agents du privé soulève toute une série de questions." Parmi elles, celle relative au "recrutement et à la formation des personnels concernés. [...] Armer ces agents devra donc s’accompagner d’un renforcement des compétences requises à l’embauche, mais aussi de vrais efforts en matière de formation. Car, si l’apprentissage du tir n’est pas en soi très difficile, user de son arme avec discernement et de façon tactique s’acquiert au long cours."

Crédits photos : © Pascal Potier (Visual Press Agency) pour Public Sénat/Phototele

Partager cet article

Pour en savoir plus