Un anti-venin bientôt en rupture de stock, MSF s'inquiète

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Santé Un boa constrictor
Un boa constrictor

Un danger pèse sur des milliers de personnes depuis que le laboratoire français Sanofi Pasteur a décidé l'arrêt de la production d'un anti-venin. Médecins sans frontières tire la sonnette d'alarme.

A travers le monde, ce sont des dizaines de milliers de personnes au-dessus desquelles se tient une épée de Damoclès. En effet, le laboratoire français Sanofi Pasteur ne produit plus le FAV-Afrique, un anti-venin destiné à contrer les morsures de serpent. Les stocks s'épuisent, et les chiffres de l'OMS sont là pour nous rappeler l'ampleur du danger. Selon l'organisation internationale, 5 millions de personnes à travers le monde sont mordues, et 100.000 d'entre elles succombent au venin. 30.000 morts surviennent en Afrique sub-saharienne.

Fav-Afrique : MSF alerte

D'après Julien Potet de Médecins sans frontières, "Ces chiffres sont probablement sous-estimés car beaucoup de victimes ne sont pas prises en charge". Dans un communiqué, l'ONG précise "qu'aucun produit de remplacement ne sera disponible pendant au moins deux ans". Et la pénurie est prévue à l'horizon du mois de juin 2016. Voilà pourquoi elle appelle "la communauté mondiale de la santé ne prenne des mesures immédiates pour assurer la production d'un traitement et d'un sérum antivenimeux".

L'intérêt économique plus fort que les enjeux de santé publique ?

Mais quelle est la raison invoquée par Sanofi Pasteur ? Le laboratoire indique que cette décision, qui est intervenue en 2010, trouve son origine dans les prix appliqués par la concurrence, notamment celle d'Asie et d'Amérique latine. Des prix sur lesquels "Sanofi Pasteur ne pouvait s'aligner". Tout en exprimant "regretter" avoir stoppé cette production, elle Sanofi précise qu'il "sensibilise depuis plusieurs années les autorités internationales de santé". Au quotidien britannique The Guardian, le porte-parole du laboratoire Alain Bernal confie : "C'est très étrange que les parties prenantes ne se rendent compte de ce problème seulement cinq ans plus tard".

En 2010, son puissant anti-venin n'était plus vendu qu'à 5.000 unités, contre 30.000 par an environ les années précédentes. "Nous espérons que Sanofi va mettre à disposition les substances de base nécessaires à la production du FAV-Afrique, avant de trouver une capacité de production pour affiner ce produit en anti venin qui pourra à terme, remplacer FAV-Afrique", conclut Julien Potet.

Crédits photos : shutterstock.com

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