Turquie : Erdoğan s'attaque à la presse

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Le premier ministre turc, Recep Erdogan, lors du forum de l'Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC), à Rio en 2010.

Après avoir menacé les médias de représailles en cas de soutien au coup d'État, le président turc Erdoğan vient de joindre l'acte à la parole. Des mandats d'arrêt ont ainsi été délivrés à 42 journalistes.

Les métiers de la presse en Turquie étaient visiblement prévenus. Lundi, le président Recep Tayyip Erdoğan aura ainsi déclaré au micro de France 24 que si "les médias soutiennent le coup d’État, qu'il s'agisse de médias audiovisuels ou autres, ils en paieront le prix".

Pour rappel, une tentative de coup d'État avait été observée en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet, avant que les autorités ne procèdent à l'interpellation de 6.000 personnes dont des officiers. Et la menace énoncée il y a quelques heures par l'exécutif turc d'avoir été mise à exécution, avec la délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre de 42 journalistes.

Tentative de coup d'État en Turquie : une presse ciblée par la justice

Parmi eux se trouve Nazli Ilicak, dont le quotidien progouvernemental Sabah s'était séparé en 2013 pour des critiques formulées sur des ministres impliqués dans une affaire de corruption. Et la journaliste d'avoir ensuite lancé, l'an passé, le journal Özgür Düsünce.

Nos confrères de Francetv info rapportent de même que onze de ses confrères auraient d'ores et déjà quitté la Turquie. Il y a de cela tout juste une semaine, un certain nombre de chaînes de télévision et de radio s'étaient d'ailleurs vu retirer leur licence pour un soutien supposé affiché au prêcheur islamique Fethullah Gülen, accusé d'être à l'origine du putsch. Au total, 24 chaînes de télévision et radios et 34 journalistes auront perdu leur carte de presse par l'action du régulateur turc des médias audiovisuels.

Erdoğan reçoit l'opposition

Dans un climat tendu mais que le président turc souhaite vraisemblablement adoucir, il est prévu que Recep Tayyip Erdoğan reçoive les responsables de l'opposition. Soient le patron du président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) Kemal Kilicdaroglu ainsi que le chef du Parti de l'action nationaliste (MHP, droite) Devlet Bahceli. L'objectif de la rencontre étant donc d'apaiser les esprits contestataires en Turquie.

Crédits photos : UNAOC (Flickr)

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