Sida : une déclaration politique qui met en retrait les "populations clés"

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Santé Le ruban rouge de mobilisation contre le SIDA.
Le ruban rouge de mobilisation contre le SIDA.

Alors que des associations civiles appelaient à une prolongation des négociations, l'ONU a validé mercredi une nouvelle déclaration politique sur le sida, mettant ainsi en retrait les "populations clés".

Mercredi, alors que s'ouvrait la Réunion de Haut niveau de l’ONU consacrée à la fin de l’épidémie, l'organisation internationale a étonné en adoptant la nouvelle déclaration politique sur le sida. Une surprise pour plus de cinquante associations civiles anti-VIH qui appelaient ainsi à une prolongation des négociations sur le texte.

Par voie de communique partiellement rapporté par Pourquoi Docteur ?, AIDES et Coalition PLUS regrettent cette non poursuite des discussions, "ce qui pourtant aurait permis de remettre les populations clés au centre du texte". Et de déplorer que "la déclaration finale n’aura donc pas évolué".

ONU : des associations anti-sida déçues de la déclaration adoptée

Ces associations reconnaissent au texte des avancées certaines, mais se désolent qu'elles ne visent pas à concerner les populations les plus impactées par la maladie :

"Le texte adopté à l’ONU comprend des avancées majeures telles que l'accès aux traitements pour 30 millions de personnes d'ici à 2020. Mais le recul très important sur les 'populations clés', désignant les personnes les plus exposées au virus (hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, usagers de drogues, travailleurs du sexe...), ne permet pas d’envisager une lutte vraiment efficace contre l’épidémie".

"Populations clés" : une "vraie volonté" de les exclure

L'un des problèmes évoqués dans le communiqué est celui d'accords ayant échoué entre les États membres pour déterminer les cibles prioritaires d'accès aux droits, services et financements. Pour Alix Zuinghedau, officiant au sein de l'association Coalition PLUS, le message envoyé par l'ONU est pour le moins négatif : "Un signal inquiétant avait déjà été envoyé quand 22 ONG majoritairement LGBT n’ont pas obtenu l’autorisation de participer à cette réunion. Aujourd’hui, nos craintes sont confirmées. Il y a une vraie volonté d’effacer ces populations clés de la feuille de route."

Tout espoir n'est cependant pas perdu pour ces associations, comme l'indique Stéphane Calmon, administrateur de AIDES : "Nos espoirs reposent maintenant sur le Fonds mondial, la seule institution internationale qui finance l’accès à la prévention aux soins et aux droits pour les groupes clés, même dans les pays où ils sont criminalisés."

Crédits photos : Africa Studio/Shutterstock.com

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