Le Pen devra rembourser plus de 320.000 euros au Parlement européen

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France L'ex-président du FN Jean-Marie Le Pen, le 20 novembre 2015 à Saint-Cloud près de Paris
L'ex-président du FN Jean-Marie Le Pen, le 20 novembre 2015 à Saint-Cloud près de Paris

Le Parlement européen, qui soupçonne Jean-Marie Le Pen d'avoir fait rémunérer un assistant parlementaire fictif, lui réclame la somme de 320.026 euros et a réduit son indemnité de député. D'autres élus FN sont aussi dans le viseur.

L'ancien président du Front National est de nouveau dans la tourmente après que le Parlement européen lui réclame plus de 320.000 euros pour avoir employé, aux frais de l'Union Européenne, un assistant parlementaire dont aucune preuve de travail n'a pu être fournie par Jean-Marie Le Pen.

Le parlement européen sanctionne l'ancien leader du FN

C'est une décision administrative qui risque d'affecter les finances de l'eurodéputé. Le Parlement européen soupçonne Jean-Marie Le Pen d'avoir employé un assistant parlementaire fictif pendant 5 années de 2009 à 2014. Jean-François Jalkh était en effet déclaré comme étant assistant parlementaire de l'ancien leader du Front National. Hors, celui-ci n'a pu fournir la moindre preuve de travail. Dans une décision en date du 29 janvier le Parlement européen a exigé de l'eurodéputé qu'il restitue 320.026,23 euros.

Le secrétaire général du Parlement européen explique la décision : "Pour l’ensemble de la septième législature, M. Le Pen ne fournit ni explication ni preuve du travail d’assistance parlementaire réalisé par M. Jalkh", avant de souligner que Jean-Marie Le Pen "n’est pas en mesure de fournir l’avenant au contrat de travail initial censé préciser les tâches confiées à M. Jalkh" et d'ajouter : "Il n'est pas possible de confirmer la régularité des dépenses remboursées au titre de l'assistance parlementaire". En plus de cette demande de remboursement, le Parlement a décidé de réduire de moitié le montant de l'indemnité de l'ancien président du Front National et de supprimer son enveloppe de frais généraux.

Le parlement a par ailleurs noté que Jean-François Jalkh, bien qu'étant déclaré assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen, a aussi perçu des rémunérations par des cabinets d'experts comptables liés au parti d'extrême droite. Klaus Welle, le secrétaire général du Parlement européen, souligne que "M. Jalkh a donc cumulé l’exercice des deux fonctions, ce qui d’une part rend impossible l’accomplissement contractuel de ses fonctions d’assistant parlementaire, et d’autre part contrevient au contrat de travail conclu avec le député".

D'autres élus FN bientôt sanctionnés aussi

Jean-Marie Le Pen n'est pas le seul élu Front National visé par ces mesures. Bruno Gollnisch, son ancien bras droit et lui-aussi eurodéputé, s'est vu reprocher les mêmes faits et le Parlement européen lui réclame la somme de 380.000 euros. Selon une source proche du dossier, des faits similaires sont reprochés à d'autres élus Front National qui devraient prochainement être sanctionnés de la même façon.

Crédits photos : © AFP/Archives Patrick KOVARIK

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