Manifestant grièvement blessé : ouverture d'une information judiciaire

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France Des policiers face à des personnes cagoulées lors de la manifestation contre la loi travail à Paris, le 14 juin 2016
Des policiers face à des personnes cagoulées lors de la manifestation contre la loi travail à Paris, le 14 juin 2016

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour définir les circonstances dans lesquelles un jeune manifestant a été gravement blessé, suite au jet d'une grenade dissuasive le 26 mai dernier.

Fin mai, un jeune homme avait été grièvement blessé par une grenade de désencerclement durant une manifestation contre la loi Travail à Paris. Le parquet de Paris a annoncé qu'une information judiciaire a été ouverte pour déterminer l'origine des blessures du jeune manifestant.

Définir les circonstances des blessures du jeune manifestant

Lors de la manifestation contre la loi Travail qui se tenait à Paris, alors que la tension monte entre la police et les manifestants, un policier a lancé une grenade dissuasive à terre. Une vidéo postée sur Internet montrant la scène, on peut voir que le jeune se retrouve à terre, la tête en sang. Victime d'un œdème du cerveau, le jeune homme est aujourd'hui sorti du coma et toujours hospitalisé.

Une enquête avait été ouverte dans la foulée, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Hier, le parquet annonçait l'ouverture d'une information judiciaire. Un juge d'instruction sera en charge d'une enquête pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique avec usage ou menace d’une arme".

Les policiers ont-ils agit dans les règles ?

Les fonctionnaires entendus par l'IGPN, dont celui qui a lancé cette grenade, ont tous déclaré que la grenade a été lancée suivant les règles d'usage. Selon la police, la grenade de désencerclement "ne peut être utilisée que si l’usage est nécessaire face à une situation de danger, d'urgence, quand par exemple les policiers sont acculés ou quasiment encerclés par les manifestants".

L'avocat d'une autre victime, plus légèrement blessée, n'est pas du tout du même avis. Selon Me Julien Pignon la grenade a été jetée "avec à peine un regard". En outre, "on n’est pas face à une foule compacte et il n'y a pas de jet de projectiles en direction des policiers" ajoute le défenseur.

Les investigations vont désormais se poursuivre sous l'autorité d’un juge d'instruction "afin de déterminer, par voie d’expertises médico-légales et balistiques, l'origine des blessures subies" indique le parquet.

Crédits photos : © AFP DOMINIQUE FAGET

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