Loi Santé : Claude Evin y voit "un échec total sur l'alcool"

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Santé
Claude Évin

Pour l'ex-directeur général de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France Claude Évin, la loi Santé de Marisol Touraine apparaît tel "un échec total sur l'alcool".

Claude Évin, ancien directeur général de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France, fut également ministre de la Santé sous François Mitterrand de 1988 à 1991. C'est à lui que l'on doit notamment la loi Évin, ayant établi l'interdiction de fumer dans les lieux publics et réduit la marge de manœuvre des sociétés souhaitant faire la promotion de l'alcool.

Selon l'ex-ministre, avec lequel se sont entretenus nos confrères du JDD.fr, la loi Santé de l'actuelle ministre de la Santé Marisol Touraine porte préjudice à la loi Évin par un détournement autorisé de cette dernière : "La loi Santé est un échec total sur l’alcool : elle légitime le contournement de la loi Évin. Sous couvert d’œnotourisme, on pourra promouvoir n’importe quel produit. On a introduit dans la loi une fausse distinction entre publicité et information qui permettra de présenter le vin ou d’autres alcools comme un produit attractif."

La loi Santé "légitime le contournement de la loi Évin"

Et d'expliquer plus en profondeur les conséquences pressenties de cette loi : "On verra, à l’heure où les jeunes sont devant la télé ou le samedi soir au cinéma, des pubs estampillées terroir pour des vodkas polonaises ou du whisky écossais. Les grands vainqueurs de ce recul sanitaire seront les publicitaires qui lorgnent ce marché gigantesque et les vendeurs de bières et d’alcools forts, qui vont s’engouffrer dans la brèche."
http://www.dailymotion.com/video/x3fb8ht_alcool-claude-evin-met-en-garde-contre-l-assouplissement-de-sa-loi_news

Concernant l'alcool : "le combat est en train d'être perdu"

Claude Évin rappelle que l'alcool est "responsable de 135 morts par jour en France", tout en indiquant que, selon lui, "le combat est en train d'être perdu" sur ce volet. L'ancien ministre trouve également "absurde" que l'on puisse affirmer qu'il est impossible de "diffuser la photographie d’un vignoble ou [de] faire un article sur la Bourgogne", alors que, "sous la pression des publicitaires et celle des viticulteurs qui dans cette affaire sont instrumentalisés, la publicité sur des affiches dans la rue a été rétablie trois ans après, celle sur internet a été autorisée en 2009".

Il se veut enfin clair sur les interdictions liées à la promotion de l'alcool :  "Ce qu’on ne peut accepter, c’est de présenter l’alcool, quel que soit le produit, de manière à inciter à la consommation, que ce soit sous la forme de visuels ou d’articles".

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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