Libye : un accord très fragile signé en partenariat avec l'ONU

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International Des soldats libyens de l'armée du gouvernement reconnu dirigée par le colonel Khalifa Haftar à Benghazi, le 14 août 2015
Des soldats libyens de l'armée du gouvernement reconnu dirigée par le colonel Khalifa Haftar à Benghazi, le 14 août 2015

Hier, des députés libyens ainsi que des hommes politiques ont, en partenariat avec l'ONU, signé un accord pour permettre au pays de sortir du chaos dans lequel il est plongé.

La communauté internationale a fait un véritable forcing afin de trouver un compromis pour sortir la Libye du chaos dans laquelle elle se trouve depuis le renversement de Kadhafi. Cet accord très fragile est déjà contesté et risque de ne jamais pouvoir être appliqué.

Un accord pour un gouvernement d'union nationale

La Libye est dans une situation conflictuelle et est plongée dans un véritable chaos depuis la fin de la guerre. Deux partis se réclament le pouvoir, les factions milices se battent entre elles et le groupe Etat Islamique gagne du terrain. Pressé par l'ONU et l'Union Européenne, l'accord a été signé par moins de la moitié des parlementaires des deux gouvernements autoproclamés ainsi que par l'émissaire de l'ONU.

L'accord prévoit notamment la mise en place d'un gouvernement d'union nationale qui serait basé à Tripoli. 17 ministres, dont deux femmes, composeraient le gouvernement dirigé par Fayez el-Sarraj, un homme d'affaire libyen. La transition s'étalerait sur deux ans, le temps de sortir du véritable chaos dans lequel le pays est plongé, de réduire le terrorisme et d'organiser des élections législatives.

Un accord déjà contesté et qui pourrait ajouter encore plus de chaos

Malgré l'enthousiasme de l'émissaire de l'ONU, l'accord semble cependant très fragile. Les deux parlements rivaux ont indiqué que les signataires n'engageaient que leur personne et qu'ils rejetteraient cet accord. Les chefs des deux assemblées existantes souhaitent, pour leur part, un processus alternatif à l'accord signé.

Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, a indiqué via un communiqué que "la route sera difficile". Parlant de la lutte contre le terrorisme qui sévit en Lybie, il a ajouté qu'"une levée de l'embargo sur l'armement requiert un (seul) gouvernement". Ahmoud Abdelaziz, un parlementaire hostile à l'accord quant à lui pense que cela "ne fera que compliquer la situation" avant d'ajouter qu'il existe "deux gouvernements et deux Parlements. Maintenant, nous allons nous doter d'un troisième gouvernement au lieu de réunir les deux autorités rivales".

Crédits photos : © AFP ABDULLAH DOMA

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