L'extradition vers les USA du baron de la drogue "El Chapo" autorisée

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International Photo fournie le 22 juin 2014 par la justice mexicaine de Joaquin "El Chapo" Guzman
Photo fournie le 22 juin 2014 par la justice mexicaine de Joaquin "El Chapo" Guzman

Joaquin Guzman, surnommé "El Chapo", était considéré comme le plus grand trafiquant de drogue par les Etats-Unis. Sa spectaculaire évasion et sa cavale de 6 mois l'ont rendu célèbre.

Hier, les autorités mexicaines ont indiqué qu'elles avaient validé l'extradition du célèbre trafiquant de drogue "El Chapo" vers les Etats-Unis où il est inculpé de délinquance organisée, de blanchiment d'argent, de possession illégale d'armes, de trafic de drogue, d'association délictueuse contre la santé mais aussi d'homicide.

Une extradition sous conditions

Le baron de la drogue est inculpé en Californie mais aussi au Texas, Etat qui pratique toujours, et à grande échelle, la peine de mort. Le ministère des affaires étrangères mexicain a exigé de la part des Etats-Unis des garanties pour, qu'en cas de sentence à la peine de mort, celle-ci ne soit pas appliquée. Le Mexique avait longtemps refusé de donner son feu vert pour l'extradition de son criminel le plus célèbre.

Cependant, la législation mexicaine autorise Joaquin Guzman et ses avocats à faire appel de cette extradition. Ils disposent de 30 jours pour déposer un appel et Maitre Jose Rodriguez, le principal avocat d'"El Chapo", a aussitôt après cette annonce indiqué qu'ils allaient faire appel de cette décision auprès de la commission interaméricaine des droits de l'homme mais aussi dénoncer les mauvais traitements reçus par son client.

En effet, selon son avocat : cela fait "30 jours qu'il ne peut dormir, ce qui génère une tension artérielle élevée, maux de tête, des oreilles et des yeux". L'avocat principal d'"El Chapo" précise par ailleurs : "Nous sommes très sereins face à cette décision" avant d'ajouter : "C'est une situation à laquelle nous nous attendions et nous avons une stratégie très claire".

El Chapo avait humilié les autorités mexicaines

Après son arrestation début 2014, Enrique Pena Nieto, le président mexicain, avait refusé toute idée d'extradition vers les Etats-Unis. Cependant, en juillet 2015, le baron de la drogue avait humilié les autorités mexicaines lors d'une spectaculaire évasion très médiatisée de sa prison de haute sécurité. Il s'agissait de sa seconde évasion d'une prison de haute sécurité après une première en 2001. Sa cavale, qui avait mis la police sur les dents, avait, cette fois duré 6 mois.

L'humiliation ressentie par les autorités après cette évasion et cette longue cavale avait incité alors le président mexicain à mettre en place un processus d'extradition vers les Etats-Unis. Cependant décider d'une extradition est un jeu risqué pour le gouvernement. Au cas où les avocats du narcotrafiquant obtiendraient l'annulation de cette extradition, les autorités mexicaines seraient de nouveau humiliées aux yeux du monde entier.

Afin d'éviter toute nouvelle évasion, les autorités mexicaines ont pris des mesures draconiennes envers le prisonnier qui dénonce les conditions de son incarcération, estimant que le "gouvernement lui fait payer cher sa dernière évasion".

Joaquin "El Chapo" Guzman

Joaquin "El Chapo" Guzman

Crédits photos : © PGR/AFP/Archives -

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