Jean-Hugues Anglade est en colère contre le personnel du TGV Thalys

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France Jean-Hugues Anglade, acteur français
Jean-Hugues Anglade, acteur français

L'acteur Jean-Hugues Anglade, qui était à bord du train dans lequel a eu lieu la fusillade de vendredi dernier, déplore l'attitude du personnel ferroviaire qui s'est mis à l'abri dans un wagon au lieu de secourir les passagers.

Vendredi dernier, dans le train Thalys qui reliait Amsterdam à Paris, un drame a été évité de justesse grâce à la bravoure de voyageurs français et de plusieurs militaires américains. Alors qu'un homme, qui agissait probablement pour le compte d'une entité terroriste, tirait des coups de feu dans le train, le personnel de Thalys se serait enfermé dans un wagon pour se mettre à l'abri. C'est cette attitude que déplore Jean-Hugues Anglade qui était présent dans le train avec sa compagne et ses deux enfants. La compagnie Thalys a quant à elle défendu ses employés dans une interview réalisée par des journalistes du Figaro.

Jean-Hugues Anglade choqué par cette mésaventure

Jean-Hugues Anglade a été protagoniste malgré lui d'un mauvais scenario à bord du TGV Thalys qui reliait Amsterdam à Paris. Il raconte ses 20 minutes d'angoisse tintées d'amertume : "Nous avons entendu des passagers hurler en anglais: "Il tire! Il tire! Il a une kalachnikov! "J'étais avec mes deux enfants et ma compagne. Tout à coup, des membres du personnel naviguant ont couru dans le couloir, le dos courbé. Leurs visages étaient blêmes. Ils ont ouvert la motrice, leur wagon de travail avec une clef spéciale, puis se sont enfermés à l'intérieur. Le tireur était à quelques dizaines de mètres de nous, dans le wagon numéro 12", "J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, Nous étions piégés dans une souricière!"

Photo prise avec un smartphone par un passager d'un homme blessé non identifié allongé dans l'allée du train Thalys attaqué le 21 août 2015

Photo prise avec un smartphone par un passager d'un homme blessé non identifié allongé dans l'allée du train Thalys attaqué le 21 août 2015

L'acteur est furieux, il déplore l'attitude du personnel ferroviaire qui s'est réfugié et enfermé dans un wagon du train alors que des passagers, dont lui-même, se sont chargés de maîtriser la situation. "On cherchait tous une issue, un moyen de s'enfuir, de survivre. J'ai brisé la vitre pour tirer l'alarme pour arrêter le Thalys! Le verre a méchamment entaillé mon majeur jusqu'à l'os, et les machines ont ralenti. Mais nous étions toujours bloqués à l'intérieur. Dos au mur. Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la motrice. Nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions ‘Ouvrez!' Personne nous a répondu. Silence radio", a expliqué l'acteur aux journalistes de Paris Match. "Cet abandon, cette détresse, cette solitude, c'était terrible et insupportable! C'était, pour nous, inhumain. Les minutes paraissaient des heures. J'ai protégé de tout mon corps mes enfants, leur répétant en boucle que tout allait bien", ajoute-t-il.

Thalys défend ses employés

Dans un entretient réalisé par Le Figaro, la compagnie Thalys a indiqué que ses employés avaient "rempli leur devoir" et que la scène ne s'était pas exactement déroulée comme Jean-Hugues Anglade l'a pensé. "Un de nos contrôleurs se trouvait à proximité du tireur. Il a senti les balles siffler. Il a pris avec lui les cinq ou six passagers qui étaient autour de lui et les a emmenés dans le local à bagages encombrants, le "fourgon", "L'idée du contrôleur était de tirer le signal d'alarme pour alerter le conducteur et faire arrêter le train. Il ne fallait surtout pas qu'il poursuive sa route jusqu'à Paris avec un tireur à bord", précise Agnès Ogier, directrice générale de Thalys. La directrice générale de la compagnie ferroviaire précise également que les agents ne sont pas formés pour faire face à des attaques armées.
Même si Jean-Hugues Anglade est très remonté contre la compagnie ferroviaire, Agnès Ogier n'en veut pas à l'acteur car comme elle l'explique : "Lui et tous les passagers ont vécu un choc, tout s'est passé très vite. Nous avons tous besoin d'un peu de temps pour comprendre ce qui s'est passé".
Les motivations du tireur restent encore floues même si plusieurs indices (armement lourd, possible passage en Syrie et liens avec la mouvance islamiste radicale) tendent à montrer qu'il projetait une attaque terroriste.

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