"Les Huit Salopards" de Tarantino dans le collimateur de l'association Promouvoir

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Cinéma Samuel L. Jackson dans "Les Huit Salopards"
Samuel L. Jackson dans "Les Huit Salopards"

Après avoir malmené la diffusion du "Love" de Gaspar Noé et obtenu l'annulation du visa d'exploitation de "La Vie d'Adèle" d'Abdellatif Kechiche, l'association Promouvoir s'en prend désormais aux "Huit Salopards" de Quentin Tarantino.

Si l'association catholique Promouvoir continue de cibler les films qui lui apparaissent les plus dérangeants vis-à-vis des scènes de violence ou de sexe dépeintes à l'écran, ce n'est finalement que tout récemment que la Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP) et la Société des réalisateurs de films (SRF) ont officiellement manifesté leur opposition à ces actions.

On connait Promouvoir pour s'être notamment attaqué au Nymphomanic de Lars von Trier et au Love de Gaspar Noé, en obtenant ainsi, pour chacun de ces films, leur interdiction pour les moins de 18 ans. L'association sera également parvenue à faire annuler le visa d'exploitation de La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche et, le 3 février dernier, celui d'Antichrist d'un Lars von Trier décidément très concerné. Et Promouvoir de s'en prendre aujourd'hui au nouveau long-métrage de Quentin Tarantino Les Huit Salopards.

Promouvoir : l'interdiction des "Huit Salopards" aux moins de 12 ans  jugée insuffisante

Pour l'association, la Commission de classification des films du Centre national du cinéma (CNC) et la ministre de la Culture "ont une fois encore gravement manqué à leur devoir et à leurs obligations légales en se bornant à interdire ce film aux seuls jeunes adolescents de moins de 12 ans, l’avertissement accompagnant le visa se contentant quant à lui de faire état de ce que 'certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du public jeune'". Promouvoir considérant ainsi Les Huit Salopards de "gravement choquant pour les jeunes adolescents" en raison de "plusieurs scènes inadmissibles".

L'ARP et la SRF "abasourdis" et "atterrés"

Possiblement avant la nouvelle offensive de Promouvoir envers le nouveau Tarantino, l'ARP et la SRF ont réagi le 4 février par voie de communiqué quant à l'annulation du visa d'exploitation d'Antichrist. En se disant "encore une fois abasourdis en apprenant une nouvelle remise en cause du système de classification par les juges", et d'apparaître à "chaque fois atterrés de constater qu'un André Bonnet et Patrice André, représentants de Promouvoir, association trouble, liberticide et extrémiste, peut décider seul de ce qu'on peut ou de ce qu'on ne peut pas voir en France". La Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs et la Société des réalisateurs de films en appellent désormais à la ministre de la Culture Fleur Pellerin pour "prendre d'urgence les mesures issues des travaux confiés à Jean-François Mary [NDLR : président de la commission de classification des œuvres cinématographiques du CNC] sur la modernisation du système de visa". Et d'ajouter que "c'est notre vision du monde, et plus particulièrement de la France, qui est heurtée aujourd'hui, alors que la liberté de création est violemment bafouée".

Crédits photos : capture d'écran Dailymotion

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