Des étudiants d'Harvard battus par des prisonniers lors d'un concours d'éloquence

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Photo d'illustration. Les barbelés d'une prison.

Aussi insolite que belle, cette victoire de prisonniers sur l'équipe de débat constituée d'étudiants de la prestigieuse université d'Harvard.

Au départ, c'est le combat du pot de terre contre le pot de fer. Le 18 septembre dernier, trois prisonniers de la prison de Bard (New York), participaient à cette activité si américaine qui consiste, pendant une heure, à affronter une autre équipe lors d'un concours de débat, ou d'éloquence selon l'appellation.

Prisonniers de Bard : une farouche volonté de réinsertion

A l'initiative de ce combat d'idées, un programme éducatif mené par le Bard College voisin d'Harvard. C'est le Wall Street Journal qui s'est fait l'écho du thème du débat du jour entre prisonniers et étudiants : "Les écoles publiques aux Etats-Unis devraient être habilitées à refuser la candidature d'un étudiant sans-papiers".

Et ce sont les détenus, tous emprisonnés pour des crimes avec violence, qui sont chargés de défendre cette thèse. Avec leurs arguments choc, ils ont convaincu non seulement les juges après une heure, mais aussi impressionné leurs opposants d'un jour.

Une nouvelle victoire pour ces prisonniers et ce programme

Les "étudiants-prisonniers" n'en sont pas à leur coup d'essai : à leur tableau de chasse, ils avaient déjà épinglé la très renommée académie militaire de West Point et une université de l'Etat du Vermont. Max Kenner, à l'origine du programme éducatif Bard Prison Initiative, affirme au Huffington Post : "La réussite de nos élèves est le signe que nous pouvons faire beaucoup mieux pour l'éducation de tous aux Etats-Unis. Notre programme est un succès parce que nous fonctionnons à un niveau véritablement humain". Quant à Carlos Polanco, 31 ans et l'un des trois prisonniers victorieux, il déclarait à la fin du débat : "Nous avons eu la chance de nous voir offrir une opportunité exceptionnelle. Ils nous font croire en nous".

Ce programme fait toutefois l'objet d'une sélection assez drastique : examen écrit, et entretien oral. Le Monde rapporte que l'accès à Internet est formellement interdit pour leurs recherches, et les livres demandés peuvent parfois être prêtés après des semaines. Ce qui rend encore plus belle cette victoire.

Crédits photos : Shutterstock.com

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