Cancer de la thyroïde : 560 000 patients surdiagnostiqués et traités à tort

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Santé Photo d'illustration. Un examen de la thyroïde à l'aide d'ultrasons.
Photo d'illustration. Un examen de la thyroïde à l'aide d'ultrasons.

Selon une étude du Centre International de Recherches contre le Cancer (CIRC), plus de 550 000 personnes ont été traitées à tort pour un cancer de la thyroïde depuis les années 1980.

La sonnette d’alarme a-t-elle été tirée à tort concernant l’explosion des cas de cancers de la thyroïde ? Depuis les années 1980 en effet, les pays développés souffriraient de ce qui semble être une épidémie de cancers de la thyroïde.

Mais selon une étude du Centre International de Recherches contre le Cancer (CIRC) basé à Lyon publiée dans le New England Journal of Medicinecette augmentation des cas de cancer de la thyroïde serait due à un surdiagnostic des spécialistes.

Plus de 550 000 patients traités à tort

Selon l’étude, c’est même une grande majorité des cancers thyroïdiens observés dans les pays développés au cours des 20 dernières années qui auraient été surdiagnostiqués. 560 000 patients (470 000 femmes et 90 000 hommes) auraient été opérés et traités à tort.

Selon le CIRC, 12 pays développés seraient concernés par ce surdiagnostic l’Australie, le Danemark, l’Angleterre, la Finlande, la France, l’Italie, le Japon, la Norvège, la République de Corée, l’Écosse, la Suède et les États-Unis), à des taux variables selon les pays.

Jusqu’à 80 % de surdiagnostics en France

C’est en Corée du Sud que le phénomène serait le plus important puisque 90% des cas de cancer de la thyroïde seraient le fait de surdiagnostics. En France, comme en Australie, en Italie ou encore aux États-Unis, le surdiagnostic est évalué entre 70 et 80%. Le Japon et les pays nordiques font office de bon élève avec « seulement » 50% de surdiagnostic.

L’étude indique que cette situation est liée à l’arrivée de l’échographie dans ces pays et de la mise en place de campagne de dépistage. L’évolution de l’imagerie médicale a permis de détecter de plus petits nodules dans l’organisme. Des petites tumeurs qui ne sont en réalité que des micro-cancers de type papillaire, dont le pronostic est excellent (99% de chance de survie à 20 ans).

Selon les spécialistes, ces microcancers devraient changer de dénomination afin de dédramatiser le diagnostic et permettre aux patients qui le souhaitent d’opter pour une simple surveillance et non un traitement systématique plus lourd comme une ablation de la thyroïde.

Crédits photos : Shutterstock.com

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