Réforme de la formation : nouveaux salaires et bac+3, ce qui attend les futurs enseignants

Image d'illustration. Bureau avec livres ouverts, fournitures et caféADN
La réforme de la formation des enseignants bouleverse les conditions d’accès au métier : niveau requis, modalités du concours et rémunération évoluent. Ces mesures visent à attirer davantage de candidats dans un contexte de pénurie croissante de professeurs.
Tl;dr
- Le concours des enseignants repasse à bac+3 dès 2026.
- Nombre de candidats aux concours externes doublé cette année.
- Nouvelle formation rémunérée et engagement de quatre ans requis.
Afflux inédit de candidats pour le concours des enseignants
En ce début mars 2026, le paysage du concours des enseignants connaît un bouleversement majeur. La réforme annoncée au printemps dernier se traduit enfin dans les faits : désormais, les épreuves sont accessibles dès la troisième année de licence, soit à bac+3. Une décision qui marque une rupture nette avec l’exigence de master (bac+5), en vigueur jusque-là.
Cette première semaine de mars donne le coup d’envoi à une session très attendue. Les aspirants professeurs d’éducation physique et sportive (Capeps) ouvrent la marche ce mardi 3 mars avec les écrits d’admissibilité. Mais ils ne seront pas seuls : tout au long du mois, d’autres concours pour le second degré se succéderont.
Une transition jusqu’en 2027 : deux concours coexistent
Curiosité du calendrier : pour accompagner la transition, l’État maintient exceptionnellement deux voies d’accès au métier jusqu’en 2027. Ainsi, cette année encore, les concours à bac+3 cohabitent avec ceux ouverts à bac+5 – une configuration appelée à disparaître définitivement en 2028.
Dans le détail :
- Le premier degré (maternelle et élémentaire) voit ses écrits à bac+5 organisés fin mars, puis ceux à bac+3 début avril.
- Dans le second degré, l’ensemble des filières – du Capes au Capeps, en passant par le CAPLP ou le Capet – suit ce mouvement.
À noter que l’agrégation, quant à elle, reste réservée aux titulaires d’un master.
L’effet réforme : inscriptions en forte hausse
Ce retour du concours à bac+3 suscite manifestement l’intérêt : selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, plus de 88 000 inscrits se présentent cette année aux concours externes du premier degré – dont près de 50 000 déjà détenteurs d’une licence. Même engouement dans le second degré et chez les conseillers principaux d’éducation ou psychologues, avec également plus de 88 000 candidatures déposées. En décembre dernier, le ministre Édouard Geffray saluait un nombre de candidats ayant « doubé aux concours externes ».
Nouvelles règles : formation professionnalisante et engagement ferme
Obtenir le concours n’est cependant qu’une étape. Dès septembre prochain, les admis intégreront un nouveau cursus en master Enseignement et éducation (M2E). Pendant ces deux années formatrices – alliant cours disciplinaires (mathématiques, français…) et stages pratiques (jusqu’à dix-huit semaines) –, ils percevront une rémunération progressive : d’abord 1 400 euros nets mensuels comme élèves fonctionnaires en M1 (avec environ 450 heures de formation), puis 1 800 euros nets lors de la seconde année en tant que stagiaires mi-temps devant élèves.
Un point crucial : en échange de cette formation rémunérée, chaque futur enseignant s’engage à exercer au moins quatre ans dans l’Éducation nationale. À la rentrée prochaine sera par ailleurs lancée une nouvelle « licence professorat des écoles » (LPE) dédiée à la préparation du CRPE. Les titulaires d’autres licences resteront toutefois éligibles au concours via des épreuves complémentaires.