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Le retour de l’alcool dans les stades ? Des députés souhaitent assouplir la loi Evin

Économie

Illustration. Soir de match au Stade Vélodrome de Marseille.Pixabay.com

Plusieurs dizaines d'élus de la majorité veulent mettre fin à une injustice dans les stades de football; car à ce jour, seuls les VIP ont le droit de consommer de l'alcool. L'objectif est également économique.

Ils sont une centaine de députés LREM à avoir déposé le 24 juillet dernier une proposition de loi allant dans le sens d’un assouplissement de la Loi Évin. Dans le cadre de cette nouvelle législation visant à “faire de la France une nation sportive”, le but est de permettre le retour de la vente d’alcool “dans les stades en étendant l’octroi d’autorisations temporaires de vente d’alcool aux sociétés sportives”.

Étendre la dérogation aux clubs pro

Ainsi depuis 1991, la distribution et l’introduction de boissons alcoolisées sont interdites dans tous les établissements d’activités physiques et sportives. En revanche les clubs amateurs ont l’autorisation d’en commercialiser dix fois par an, sur dérogation. François Cormier-Bouligeon, Cédric Roussel et Belkhir Belhaddad, tous trois à l’origine de ce texte,  souhaitent donc étendre cette dérogation aux “sociétés sportives”, en d’autres termes aux clubs professionnels.

Mettre fin à une “hypocrisie”

Le but de cette proposition est double. D’abord, elle vise à “permettre aux clubs d’élargir leurs recettes”, explique le député du Cher, François Cormier-Bouligeon. Il souhaite que les clubs “s’autofinancent à 100%”. Ensuite, il s’agirait selon lui de mettre fin à l’“hypocrisie” des espaces VIP des stades, où l’alcool est offert ou vendu, contrairement au reste de l’enceinte.

Les addictologues vent debout

Mais tout le monde ne voit pas ce potentiel assouplissement d’un bon oeil, loin s’en faut. L’Express rapporte les propos de Bernard Basset, vice-président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie : “On ne va pas assouplir la loi, comme on le dit, mais bien la remettre en cause. Le calcul derrière, c’est de vendre de l’alcool, se faire le relais d’un lobby économique”. Sans oublier selon lui une hausse potentielle de la consommation : “On risque de passer à une phase industrielle avec des clubs professionnels, riches. Et puisqu’il ne s’agit pas des petits clubs, tout va être fait pour que la consommation soit rentable et donc importante”.