Retraite : ces pensions oubliées qui refont surface

Image d'illustration. Une sénior heureuse de recevoir une bonne nouvelle par courrier.ADN
Union Retraite a écrit à 227 000 retraités pour signaler d’éventuels droits non réclamés. Un oubli parfois modeste, mais loin d’être rare.
En bref
- 227 000 courriers envoyés aux retraités concernés
- Des droits oubliés parfois jamais liquidés
- Vérification possible sur Info-Retraite.fr
Près d’un million d’assurés ne toucheraient pas l’intégralité de leur retraite en France. C’est dans ce contexte que Union Retraite, le groupement public qui réunit les caisses, a lancé une campagne pour repérer des pensions oubliées chez certains retraités.
Entre l’automne 2025 et le début de 2026, environ 227 000 courriers ont été envoyés. Ils concernent des personnes nées entre 1949 et 1955, avec un ciblage principal sur les générations 1951, 1952 et 1955, plus un rattrapage pour celles nées en 1949, 1950 et 1954 qui n’avaient pas toutes été contactées plus tôt.
Un oubli fréquent, pas un simple détail administratif
Le sujet peut sembler secondaire. Il ne l’est pas vraiment. Une étude de la DREES, citée par RMC Conso, évoque un manque à gagner moyen de 40 euros bruts. Pris isolément, ce n’est pas énorme. Sur la durée, quand même, cela finit par peser.
Les lettres envoyées par Union Retraite signalent des droits estimés à au moins 150 euros en versement forfaitaire unique, ou 12 euros par mois de pension non réclamée.
Pourquoi des droits passent encore entre les mailles
Une pension oubliée, ce sont des droits acquis, mais jamais liquidés. Le plus souvent, cela arrive après des parcours éclatés entre plusieurs régimes.
Petits emplois de jeunesse, activité d’auto-entrepreneur, mandat d’élu local, passage dans la fonction publique, tout cela peut générer quelques points ou une petite retraite restée sous le radar. Et le problème tient aussi au système lui-même : en France, la retraite reste quérable. Sans demande formelle adressée au bon régime, il n’y a pas de versement.
Les profils particulièrement surveillés
La campagne vise notamment des anciens affiliés radiés de la Cavec, des auto-entrepreneurs relevant de la Cipav, des élus locaux rattachés à l’Ircantec et des agents publics déjà liquidés ou bénéficiant du minimum garanti du Service des retraites de l’État.
Chaque courrier mentionne une estimation des sommes ou pensions potentiellement récupérables.
Comment vérifier ses droits, avec ou sans courrier
Même sans avoir reçu de lettre, on peut contrôler sa situation sur Info-Retraite.fr. Via FranceConnect, l’espace Mon compte retraite permet d’accéder à la liste de ses caisses, au relevé de carrière et à une demande de liquidation en ligne.
Si une caisse précise est mentionnée, la suite se fait directement auprès d’elle. Pour l’Ircantec, par exemple, il faut passer par l’espace Ma retraite publique puis la rubrique de demande de retraite personnelle. Même logique pour la Cavec, la Cipav ou le Service des retraites de l’État.
Une mécanique déjà rentable pour les assurés
La précédente campagne donne une idée de l’enjeu. En 2024, ces rappels ont conduit au versement d’environ 18,5 millions d’euros en capital unique et 30 millions d’euros de rente annuelle, selon le rapport d’activité 2025 d’Union Retraite.
Ce que montre cette opération est assez simple : dans un système éclaté entre régimes, un droit cotisé n’est pas toujours un droit versé. Et pour pas mal de retraités, le vrai sujet n’est pas une réforme de plus, mais ce qui leur manque déjà sur leur pension.